‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 240 sur 278 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

AGÉSILAS

tes tout, VOUS avez la mémoire trop bouie lur avoir oublié que vous me fîtes roi,

Lorsqu'on balança ma couronne

Entre Léotychide et moi.

ut-étre n'osez-vous me vanter un service

Qui ne me rendit que justice, lisque nos lois vouloient ce qu'il sut maintenir; lis moi qui Tai reçu, je veux m'en souvenir, ms m^avez donc fait roi, vous m'avez de la Grèce »ntre celui de Perse établi général; quand je sens dans l'ame une ardeur qui me presse

De ne m'en revancher pas mal, peine sonmies-nous arrivés dans Éphèse, I de nos alliés j'ai mis le rendez- vous, le, sans considérer si j'en serai jaloux,

Ou s'il se peut que je m'en taise,

Vous vous saisissez par vos mains

De plus que votre récompense; tirant toute à vous la suprême puissance *

Vous me laissez des titres vains.

I s^empresse à vous voir, on s'efforce à vous plaire; I croit lire en vos yeux ce qu'il faut qu'on espère ; I pense avoir tout fait quand on vous a parlé. 3n palais près du vôtre est un lieu désolé; le généralat comme le diadème

' Voyez la prëféce de Voltaire. Il devait convenir que , si Texëion de cette scène est défectaense, Tintention en est très belle H>re, et digne de Corneille. P.

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M'érige sous votre ordre en fantôme éclatant, En colosse d'état qui de vous seul attend

L'ame qu'il n'a pas de lui-même,

Et que vous seul faites aller Où pour vos intérêts il le faut étaler.

Général en idée, et monarque en peinture , De ces illustres noms pourrois-je faire cas S'il les falloit porter moins comme Agésilas

Que comme votre créature.

Et montrer avec pompe au reste des humains En ma propre grandeur l'ouvrage de vos mains?

Si vous m'avez fait roi, Lysander, je veux l'être. Soyez-moi bon sujet, je vous serai bon maître; Mais ne prétendez plus partager avec moi

Ni la puissance ni l'emploi.

Si vous croyez quW sceptre accable qui le porte, A moins qu'il prenne une aidé à soutenir son poids,

Laissez discerner à mon choix Quelle main à m'aider pourroit être assez forte. Vous aurez bonne part à des emplois si doux

Quand vous pourrez m'en laisser faire; Mais soyez sûr aussi d'un succès tout contraire, Tant que vous ne voudrez les tenir que de vous.

Je passe à vos amis qu'il m'a fallu détruire. Si dans votre vrai rang je voulois vous réduire, Et d'un pouvoir surpris saper les fondements, Ils étoient tout à vous, et par reconnoissance

D'en avoir reçu leur puissance.

Ils ne considéroient que vos commandements.

Vous seul les aviez faits souverains dans leurs villes;

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