‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 259 sur 278 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

COTYS, MANDANE.

MANDANE

L'étrange contre-temps que prend sa belle humeur l

Et la froide galanterie D'afFecter par bravade à tourner son malheur

{)n importune raillerie !

Son cœur Ten désavoue; et murmurant tout bas....

COTYS.

Que cette belle humeur soit véritable ou feinte, Tout ce qu'elle en prétend ne m'alarmeroit pas,

Si le pouvoir d'Agésilas Ne me portoit dans Ta me une plus juste crainte. Pourrez-vous laimer?

MANDANE

Non.

COTYS.

Pourrez-vous Tépouser ?

MANDANE

Vous-même, dites- moi, puis-je m'en excuser?

Et quel bras, quel secours appeler à mon aide, Lorsqu'un frère me donne, et qu'un amant me cède?

COTYS.

N'imputez point à crime une civilité Qu'ici de général vouloit l'autorité.

MANDANE

Souffrez-moi donc, seigneur^ la même déférence

456 AGÉSILAS

Qu'ici de nos destins demande l'assurance.

coTys.

Vous céder par dépit et d'un ton menaçant, Faire voir qu'on pénétre au cœur du plus puissant, Qu'on sait de ses refus la plus secrète cause , Ce n'est pas tant céder l'objet de son amour, Que presser un rival de paroitre en plein jour, Et montrer qu'à ses vœux hautement on s'oppose.

MANDANE

Que sert de s'opposer aux vœux d'un tel riv^.

Qui n'a qu'à nous protéger mal

Pour nous livrer à notre perte?

Seroit-il d'un grand cœur de chercher à périr,

Quand il voit une porte ouverte A régner avec gloire aux dépens d'un soupir?

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