ACTE V, SCÈNE VI. i
Rome en deux factions trop long-temps partagée N'y sera point pour moi de nouveau replongée; Et quand Sylla lui rend sa gloire et son bonheur, Je n y remettrai point le carnage et l'horreur '. Oyez,Celsus.
( // lui parle bas. ) Sur-tout empêchez qu'il ne nomme Aucun des ennemis qu'elle m'a faits à Rome.
[à Perpenna.) Vous, suivez ce tribun; j'ai quelques intérêts Qui demandent ici des entretiens secrets.
PERPENNA
Seigneur, se pourroit-il qu'après un tel service....
POMPÉE
J'en connois l'importance, et lui rendrai justice. Allez.
PERPENNA
Mais cependant leur haine....
fait un mauvais effet dans une tragédie. On apporte une bougie, autrefois on apportait une chandelle *.
' On ne reînet point le carnage dans une ville, comme on y remet la paix. Le carnage et Vhorreury termes vagues et uses qu*il faut éviter. Aujourd'hui, tous nos mauvais versificateurs emploient le carnage et l'horreur à la fin d'un vers , comme les armes et les alarmes pour rimer.
* Qa'on apporte une bougie ou une chandelle pour brûler ces lettres » cela prouve seulement que le service du théâtre s'est fait long-temps avec une indécence révoltante; mais l'action de Pompée n'en est pas moins belle. Chénier , dans sa tragédie de Philtppe second, a fait un emploi très heureux d'un moyen à-peu-près semblable. Don Carlos brûle des papiers qu'où veut lui arracher, et qui compromettraient des citoyens fidèles à qui ' l'on fait un crime de réclamer les droits de leur patrie P.