‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 3)Chapitre 73 sur 278 · POMPÉE, VIRIATE, ARISTIE, THAMIRE, ARCAS · texte numérisé non relu

POMPÉE, VIRIATE, ARISTIE, THAMIRE, ARCAS

POMPÉE

Ne vous ofiFensez pas d'oùïr parler en maître. Grande reine; ce n'est que pour punir un traître.

Criminel envers vous d'avoir trop écouté L'insolence où montoit sa noire lâcheté.

J'ai cru devoir sur lui prendre ce haut empire, ,

' Le froid qui rè{rne dans ce dénouement vient principalement du rôle bas et méprisable que joue Perpenna. Il est assez lâche pour venir accuser la femme de Pompée d'avoir voulu faire des ennemis à son mari dans le temps de son divorce, et assez imbécile pour croire que Pompée lui en saura gré dans le temps qu*il reprend sa femme.

Un di'faut non moins grand, c'est que cette accusation contre Aristie est un faible épisode auquel on ne s'attend point.

C'est une belle chose dans l'histoire , que Pompée brûle les lettre» sans. les lire; mais ce nest point du tout une chose tragique: ce qui arrive dans un cinquième acte, sans avoir été préparé dan» les premiers, ne fait jamais une impression violente.

Ces lettres sont une chose absolument étrangère à la pièce. Ajoutez à tous ces défauts contre l'art du théâtre, que le supplice d'un criminel, et sur-tout d'un criminel méprisable, ne produit jamais aucun mouvement dans Tame ; le spectateur ne craint ni n'espère. Il n'y a point d'exemple d'un dénouement pareil qui ait reumé l'ame; et il n'y en aura point. Aristote avait bien raison^ et

Page 1