ACTE V, SCÈNE V
PULCHÉRIE
Ne menace point, je suis prête à mourir*.
PHOCAS
A mourir! jusque-là je pourrois te chérir » ! N'espère pas de moi cette faveur suprême; Et pense....
PULCHÉRIE
A quoi, tyran?
PHOCAS
A m'épouser moi-même^ Au milieu de leur sang à tes pieds répandu.
PULCHÉRIE
Quel supplice !
Il est grand pour toi; mais il t'est dii^ :
Tes mépris de la mort bra voient trop ma colère.
* Cette réponse de Pulche'rie nous parait sublime; et Voltaire n'y fait aucune attention : il ne s'occupe que du ridicule qu'il croit trouver dans la réplique de Pliocas. P.
» Convenons que rien n'est plus outré : un tyran furieux peut bien dire à son ennemi qu'il aime mieux le faire languir dans de lon^^s supplices que de lui donner la mort ; mais peut-on dire à une fille, ^'e ne t^aime pas assez pour te faire mourir?
^ On ne s'attendait point à cette alternative ; elle aurait quelque cliose de trop comique, si cette saillie d'un vieillaid n'était tout d'un coup relevée par le vers suivant.
^ Si on ne considère ici que la fille de Maurice, ce n'est guère
un plus grand supplice pour elle d'être impératrice que d'être bru
de l'empereur régnant ; mais Tàge d'un vieillard qui se présente
pour époux au lieu de son fds pourrait donner du ridicule à ces
expressions , Quel supplice! — // est grand.
Remarquez que cetle menace soudaine et inattendue que Pbocas
2i8 HÉRACLIUS.
Il est en toi de perdre du de sauver ton frère;
Et du moins, quelque erreur qui puisse me troubler.
J'ai trouvé les moyens de te faire trembler.