‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 111 sur 248 · ACTE V, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VII

AMINTAS

De tout Tempire.

MARTIAN

Et par toi?

AMINTAS

Non, seigneur^; Un autre en a la gloire, et j'ai part à Thonneur.

HÉRACLIUS

Et quelle heureuse main finit notre misère?

AMINTAS

Princes, Tauriez-vous cru? c'est la main d'Exupère.

Lui, qui me trahissoit?

AxMINTAS.

C'est de quoi s'étonner t Il ne vous trahissoit que pour vous couronner.

HÉRACLIUS

N'a-t-il pas des mutins dissipé la furie?

AMINTAS

Son ordre excitoit seul cette mutinerie ^ .

MARTIAN

Il en a pris les chefs toutefois?

AMINTAS

Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés

*I1 doit au contraire répondre, oui, seigneur^ puisquau vers suivant il dit^ j'ai part h cet honneur.

' Ce mot est trop familier; révolte ., sédition, tumulte, soulèm ment^ etc., sont les termes usités dans le style trajjique

224 HÉRACLIUS

Sous cette illusion couroient à leur vengeance ' t

Tous- contre ce barbare étant d'intelligence,

Suivis d'un gros d'amis nous passons librement

Au travers du palais à son appartement.

La garde y restoit foible, et sans aucun ombrage;

Crispe même à Phocas porte notre message :

Il vient; à ses genoux on lÉet les prisonniers,.

Qui tirent pour signal leurs poignards les premiers^.

Le reste, impatient dans sa noble colère.

Enferme la victime : et soudai» Exupère :

« Qu'on arrête, dit-il; le premier coup m'est dû: *

' Admirez qu'ils couroient n est pas français. Cet ëvénemeàt es^ en effet bien étonnant ; et jamais l'histoire n*a rien fourni de si improbable : on peut assassiner, un roi au milieu de sa garde ; on peut tuer César dans le sénat ; mais il n'est guère possible que dans le temps que Phocas fait attaquer lés conjurés, il n'ait pris aucune mesure pour être le plus fort chez lui : un homme qui de simple soldat est devenu empereur n'est pas imbécilleau point de receroir dans sa maison plus de. prisoimiers qu'il n'a de soldlïts pour les garder ; on ne fait point ainsi venir des prisonniers dans son appartement avec des poignards sous leurs robes; on les fouille, on les desarme, nn les charge de fers, on ne se livre point à eux. Ainsi la vraisemblance' est par-tout violée.

Remarquez que, dans la règle, il faut ces prisonniers métMSi mais , s'il n'est pas permis à un poëte de retrancher une s en cette occasion , il n'y aura aucune licence pardonnable. Corneille retranche presque toujours cette j, et fait un adverbe de méme^ au lieu de le décliner.

Sous cette illusion couroient à leur vengeance.

Cela n'est pas français ; on ne court point à la vengeance sous une illusion.

' Porte notre message, leurs poignards les premiers^ tant de nos mains la sienne^ etc.: ces expressions, ou impropres, ou m-

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