‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 128 sur 248 · ACTE 1, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE I

t; veux être à jamiiis coupable comme vous, lais comme un bruit contus m'apprend ce mal exlrém( le le puis-je, madame, apprendre de vous-même,

Les étrangers ne conuaissenl pas ansei. Quinault; c'est un dfs eaux gc-Dies qui aient fait lionneur au siècle de Lauîs XIV. fioisau, qui en parle avec taul de mépris, clail incapaljle de faire ce

eaueoup que Corneille ail préparé de loin res beanz spectacles. Une remarque importante à faire, c'est qu'il n'j a pas une seule lute contre la langue dans les opéra de Quinaull , à commencer lepuîs j^lcesle. Aucun auteur n'a plus Je précision quelul, eijamaia etie précision ne diminae le senlimenl ; il écrit aussi correctement |ue Boileau;et ou ne peut mieux le venger des critiques passîonlées de cet bomme, d'ailleurs judicieux , qu'en le mettant à côte Ulul.

' Itemarqnei pourtaui igur <laus ces vl'is il u'y a pat une seule ei|ircstina (loétiquc , une stuli^ imaQï , rien , i^n un mol , aun nmcs près , qui les Jiilinjjnc de la prose. Que l'an vanlE, laiu qu'on le voudra, celle facilité, «nalurcl.eloiÉmeeedepureierfe langagei nous n'en eonleslons pas le incTÏLe : il se peut sans doutE, comme le dit Vollaire, que Quiaauli Écrive aiuii correctement que Itoileau, mais d s'en faut bien qu'il icriie aussi pDcliqaemenl , et c'est ce qui eiaLlii entre eut uni? dïlTfreace qui ne pcr- "leiira jamais qu'on le» place 'j eûic l'un de Tauire. I>eui-ê<re dira-t-on en fitcnr de Quioauli , que ses vers éiaïcui prùcisémcai ee qu'ils deïflieni Stri'

valoir le talent d'un iiiuiieieii ;

Pour mieux renouveler ce crime glorieux Où soudain la raison est complice des yeux?

CASSIOPE

Écoutez : la douleur se soulage à se plaindre; Et quelques maux qu on soufFre ou que Ton ait à craini ,Ce qu'un cœur généreux en montre de pitié Semble en notre faveur en prendre la moitié.

Ce fut ce même jour qui conclut Thyménée De ma chère Andromède avec Theureux Phinée:

Nos peuples, tout ravis de ces illustres nœuds, Sur les bords de la mer dressèrent force jeux; Elle en donnoit les prix. Dispensez ma tristesse De vous dépeindre ici la publique alégresse; On décrit mal la joie au milieu des malheurs; Et sa plus douce idée est un sujet de pleurs. O jour, que ta mémoire encore m'est cruelle!

Andromède jamais ne me parut si belle; Et, voyant ses regards s epandre sur les eaux" Pour jouir et juger d'un combat de vaisseaux, « Telle, dis-je, Vénus sortit du sein de Fonde, « Et promit à ses yeux la conquête du monde « Quand elle eut consulté sur leur éclat nouveau « Les miroirs vagabonds de son flottant berceau. «

A ce fameux spectacle on vit les Néréides Lever leurs moites fronts de leurs palais liquides, Et pour nouvelle pompe à ces nobles ébats A Tenvi de la terre étaler leurs appas.

Elles virent ma fille; et leurs regards à peine

' Des regards ne s'épandenl ni ne se répandent.

ACrE 1, SCÈNE r a%

Itcncontrùrcnt lus siens sur celte humide plaine , Que par des traits plus forts se sentant effacer, Eblouis et confus je les vis s'abaisser, Examiner les leurs, et sur tous leurs visayes En chercher d'assez vifs pour braver nos rivages. Je les vis se choisirjusrjua cinq et six fois. Et i-ougir aussitôt nous compai-ant leur choix; Et cette vanité qu'en toutes les familles On voit si naturelle aux mères pour leurs filles, Leur cria par ma bouche : " En est-il parmi vous, " Nymphes, qui ne cède ii des attraits si doux? " Et pourrez-vous nier, vous autres immortelles ', « Qu'entre nous la nature en forme de plus belles? » Je m'emportois sans doute, et c'en étoit trop dit: Je les vis s'en cacher de honte et de dépit; J'en vis dedans leurs yeux les vives ('tincclles : L'onde qui les reçut s'en irrita pour <^lles';

' fous autres immortclUs est curniqiie.

" Ce vers esl comme le précurseur de celui rie Rarinr t Le flot qui rnp)iorta recule é|>Duvauu-.

Ou a critiqué beaucoup ce dernier vcrd, el un n'a jitmais parle ilu )>reniier ; c'est que l'un e&t de Phèdre, que tous les nmaleur.i savent par cceur, el que l'autre est iï Anilromhle ^ que presque personne ne lit. Il paraît mile <rubsGrvur que Corneille n'a point changé de stjle en changeant de genre". Le grand ai à 5e proportionner à ses sujets.

■ Quoi! ComeLlle n's jamais clian|)ê .le stjli. et l'ettVollïiri^ ijuL s. meicciie assenionî Le style de CVnnn ei des Hnrares csi-il donc le i iqne eelui des charmantes icônes du Meniriir? Ln belle se^nc île l'Am< |â€p!j(4c, dani l'opéra de ce nom, n'csi-ellc tlone [lai comiisralilc ,

J'en vis enfler la vague, et la mer en courroux Rouler à gros bouillons ses flots jusques à nous.

C'eût été peu des flots; la soudaine tempête, Qui trouble'notre joie et dissipe la fête, Enfante en moins d'une heure et pousse sur nos bor Un monstre contre nous armé de mille morts.

Nous fuyons, mais en vain; il suit, il brise, il tue; Chaque victime est morte aussitôt qu'abattue. Nous ne voyons qu'horreur, que sang de toutes part Son haleine est poison , et poison ses regards : Il ravage, il désole et nos champs et nos villes. Et contre sa fureur il n'est aucuns asiles.

Après beaucoup d'efforts et de vœux superflus, Ayant souffert beaucoup, et craignant encor plus, Nous courons à l'oracle en de telles alarmes > ; Et voici ce qu' Ammon répondit à nos larmes : « Pour apaiser Neptune, exposez tous les mois « Au monstre qui le venge une fille à son choix, « Jusqu'à ce que le calme à l'orage succède; « Le sort vous montrera « Celle qu il agréera :

« Différez cependant les noces d'Andromède. » Comme dans un grand mal un moindre semble doux, Nous prenons pour faveur ce reste de courroux. Le monstre disparu nous rend un peu de joie:

On ne le voit qu'aux jours qu'on lui livre sa proie.

Ml y a bien loin de la mer d'Ethiopie à l'oracle d'Ammon;» fallait traverser toute l'Ethiopie et toute l'Egypte : on ne va g^èi* consulter un oracle à quatre cents lieues quand le péril ts,\ ^ pressant.

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