‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 17 sur 248 · LES PAYSANS GRACIEUX · texte numérisé non relu

LES PAYSANS GRACIEUX

Quelle confusion !

PHOCAS

v^ présent, afin que les échos de leurs gémissements b^ viennent point jusqu'à nous, commençons nos réjouis-*

' C'est que Phocas a fait semblant de savoir qu'HëracUns était fils Maurice , n'en étant pas certain , et voulant tirer cet aveu d'Âstolphe. Âioi^ «^ selon Caldéron, tout est mensonge et vérité.

sances ; que Léonide vienne à ma cour, que tout le monde le reconnaisse; que tous mes vassaux lui baisent la main , et qu'ils disent à haute voix, Vive Léonide l

G cieuz ! favorisez-moi !

A8T0LPHE.

G cieuz! ayez pitié de nous!

(La musique chante: Vive Léonide!)

LÉONIDE

Que tout ceci soit une vérité ou un mensonge, que cela soit certain ou faux, que Fenchantement finisse ou qu'il dure, je me vois, en attendant, héritier de Tempire; et quand le destin envieux voudrait reprendre le bien qu'il m^a fait, il ne m'empêchera pas d'avoir goûté une si grande félicité à côté d'un si grand péril.

HÉRACLIV8.

Gieux, favorisez-moi!

ASTOLPHE

Cieux, ayez pitié de nous!

(La musique recommence, et chante : Five Léonide! On entend deFartillerie, des tambours et des trompettes. )

PflOCAS, à Héraclius et à Astolphç, Je vous crois exaucés. J'entends de loin des trompettes, des tambours et du canon, qui paraissent vouloir changer DOS divertissements en appareil de guerre.

ciNTiA, qui apparemment ien était allée ^ et qui revient

sur le théâtre.

Je regardois d'une vue de compassion le combat des Tents et des flots, et ce gonflement passager des vagues qui lejouent en bouillonnant sur ces vastes champs verts et lalés , lorsque j'ai vu de loin dans le golfe une vaste cité de navires, qui ont fait une salve en venant reconnaître kport

PHOCAS

C'est apparemment quelque roi voisin, feudatairede l'empire (comme ils le sont tous) qui vient nous payer les tributs.

LISIPPO.

Seigneur, en observant de plus près ces voiles enflées, je penche à croire plutôt....

PHOCAS

Quoi?

LISIPPO.

Que c'est la flotte du prince de Calabre, dont Fambas* sadeur est venu vous menacer.

PHOCAS

Que cette idée ne trouble point notre joie et nos divertissements! Cette flotte ne m'inspire aucune épouvante; je vais enrôler du monde ; et pendant que ces vaisseaux répéteront leurs salves d'artillerie, qu'on répète nos chants d'alégresse.

LÉONIDE

Vous verrez que Léonide remplira les devoirs où sa naissance l'engagée.

CINTIA.

Je te suis malgré moi avec mes gens.

( Ils suivent Phocas. Astolphe et Héraclius restent. Tous deux ensemble s'écrient : O deux! ayez pitié de nous! On voit avancer la flotte de Frédéric, et on entend : A terre! à terre! aux armes! aux armes ! guerre ! guerre !) ^

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