‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 22 sur 248 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

Qui est-il donc?

Uq hydropique de sang, qui, ne pouvant Loire celui itî autres, apaise sa soif dans le sien propre.

(Phocag meurt en disant ces paroles; mais conimGjil |icul-il din) qu'Hdraelius a versé son propre sang? ïl fant donc qu'il se croie

Déjà tous ses gens sont en fuite, et les m'ten= ayant si couëlejoug de la tyrannie, disent et redisent : Vive Hêraclius ! qu'Héraclius vive !

Qu'il ceigne son front du sacré laurier I D doit régner, il est fils de Maurice.

[Us soldats et te peuple dirent c€S paroles avee Cinlia. ll< ion

Cette couronne appartient à Frédéric , il l'a nieii'éi (Est à lui qu'on doit la victoire.

FRÉDÉRIC

Je n'ai voulu que briser le joug du tyran, et non pas ravir la couronne au légitime possesseur. Vous Fêtes; c'est à vous de régner.

HÉRAGLIUS.

Je ne sais si je l'oserai.

FRÉDÉRIC

Pourcpoinon?

Cest que j'ignore si tout ce que je vois est mensonge oi vérité.

FRÉDÉRIC

Gomment?

HÉRACLIUS

C'est que je me suis déjà vu traité et vêtu en prince, e qu'ensuite j'ai repris mes anciens habits de peaux. (D veut parler du château enchanté et de son habit de gala.)

LISIPPO.

Cest moi qui vous ai trompé par mes enchantements je vous ai menti ; j'ai menti aussi à Frédéric , quand je lu prédis en Calabre des infortunes : Dieu lui a donné la vie toire , je vous demande pardon à tous deux.

LIBIA.

J'implore à vos pieds sa grâce.

HÉRACLIUS

Qu'il vive , pourvu qu'il n'use plus de sortilèges.

ASTOLPHE

Et moi , si je peux mériter quelque chose de vous , j< demande la grâce du fils de Phocas.

HÉRACLIUS

Léonide fut mon frère, nous fûmes élevés ensemble qu'il soit mon frère encore.

LÉONIDE

Je serai votre sujet soumis et fidèle.

TROISIÈME JOURNÉE. 6b

BERACLIUS.

Si par hasard une grandeur si inespérée s'évanouit, je Yeux goûter un bonheur que je ne perdrai pas. Je donne la main à Gintia.

CINTIA.

Je tombe à vos pieds.

(Les tambours battent, les clairons sonnent, le peuple et les

soldats s*ëcrient : )

Vive Héraclius ! qu^Héraclius vive !

FREDERIC

Que ces applaudissements finissent.

HÉRACLIUS

Espérons qu'un roi sera heureux quand il commencera ion régne par être détrompé , quand il connaîtra qu'il n'y i point de félicité humaine qui ne paraisse une vérité , et <{Qi ne puisse être un mensonge.

Page 1