‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 42 sur 248 · ACTE I, SGÈNÏ Iir. iiS · texte numérisé non relu

ACTE I, SGÈNÏ Iir. iiS

HÉBACLlliS, cru Mmii'in, Scigueur....

PHOCAS

Garde sur toi d'attirer ma colère.

IIÉRACLIDS, cru Martian.

Dussé-je mal user de cet amout' de pèie, Étant ce que je suis , je me dois quelque effort Pour vous dire, seigneur", que c'est vous faire tort', Et que c'est trop montrer d'injuste défiance De ne pouvoir régner que par son alliance :

Sans prendre un nouveau droit du nom de son époux. Ma naissance sutlit pour régner après vous.

J'ai du cœur, et tiendrois l'empire même infâme S'il falloit le tenir de la main d'une femme.

PHOCAS

Kh bien ! elle mourra ; tu n'en as pas besoin î. HÉRACLiDS, cru Martian.

De vous-même , seigneur, daignez mieux prendre soin. '•^ Le peuple aime Maurice; en perdre ce qui reste ^ Nous rendroit ce tumulte au dernier point fimeste.

' Le ecDS de la phrase est, je dois vous dire, i/aoi qu'il m'i-ti coûte; mais il ne doit paa faire effort-pour dire; ne n'eat pas sni tel efforr qu'il se fait que son devoir tombe : d'ailleurs il ne fair VDiiit d'effort, puisqu'il n'aime poim PuleLtrie, puisqu'il rroir juéme être son frère ; et puis comment se doit-on un effort i'

C> • Que.W™«sW..o„.. .

fH\ trop do style de la comédie.

. . 1' 'Ce mot semble condamner toute la scène précédente. Phocas ii»«ioue qu'il n'avait nul besoin de marier Pulchérie i son (ils; il oiIMmble, au contraire, qu'il devait avoir un besoin très pressant if CE mariage pour former iin iiceud intéressant.

ii6 HÉRAGLIUS.

Au nom d'Héraclius à demi soulevé, Vous verriez par sa mort le désordre achevé*. II vaut mieux la priver du rang qu elle rejette. Faire régner une autre, et la laisser sujette; Et d'un parti plus bas punissant son orgueil^....

PHOCAS

Quand Maurice peut tout du creux de son cercueil, A ce fils supposé, dont il me faut défendre.

Tu parles d'ajouter un véritable gendre !

HÉRAGLIUS, cru Martian, Seigneur, j ai des amis chez qui cette moitié^....

; PHOCAS

A répreuve d'un sceptre il n est point d'amitié, Point qui ne s'éblouisse à l'éclat de sa pompe, Point qu'après son hymen sa haine ne corrompe 4. Elle mourra, tè dis-je.

' On n'achève point un désordre , comme on achève un projet, une affaire, un ouvrage. Ce n*est pas là le mot propre.

* On peut être puni de son orgueil par un hymen disproportionné; mais on ne peut pas dire, être puni (Tun hymen ^ comme on dit, être puni du dernier supplice. Parti plus bas est déplacé : il semble que Martian soit un parti bas, et qu'on menace Pulchérie d un parti plus bas encore.

^ L*usage a permis qu'en quelques occasions on puisse appeler sa femme sa moitié,

MAnet du grand Pompée , écoutes sa moitié.

Ce mot fait là un effet admirable; c'est la moitié du grand Pompée qui parle : mais il est ridicule de dire d'une lille à marier, cette moitié.

* Ces trois point font un mauvais effet dans la poésie; et point (ju après est encore plus dur et plus mal construit; el point qui ne /éblouisse à l'éclat de la pompe d'un sceptre est du galimatias. Ce

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