‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 45 sur 248 · ACTE I, SCÈNE IV. nt · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. nt

IjContiûe leur mère est propice à nos vœux ; El, quelque effort qu'où fasse à rompre ces beaux nœud D'un amour si parfait les chalues sont si belles , ■ I Que nos captivités doivent être éternelles.

PULCHÉniE.

Seigneur, vous connoissez ce cœur infortuné:

[.éonce y peut beaucoup; vous me l'avez donné,

El votre main illustre augmente le mérite

Des vertus dont l'éclat pour lui me sollicite :

Mais à d'autres pensers il me faut recourir:

Il a'est plus temps d'aimer alors qu'il faut mourir ' ;

Et quand à ce départ une ame se prépare^....

i tes chaînes si belles, à ces captivités étemeliei. Quinnult a passé I pour avoir le premier employé ces expressions, dont Corneillr i'élail servi avant lui dans presque laulea ses pièces. II parait élrange que le public se soit trompe' à ce point : maij c'est que ces eipressions firent une grande impression dans Quinault, qui iit parle jamais que d'amour, et qui en parle avec élégance ; elles eu

irsEï irès peu dans les ouvrages de Corneille, dont les beauln

I mâles couvrent toutes ces petitesses trop fréquentes. Tous eei Fers, d'ailleurs , sont du sljle de la comédie, et d'un stjle dur.

I lampam, iucorrecl.

' Ce beau vers paraît la condamnation de tout ce que vient de dire Hêraclius , qui n'a parlé que de mariage : on s'attendait qu'il parlerait d'abord à Pul chérie du péril affreux où elle est, etdtcal jam nunc d^bentia dici. Aussi tous ces personnages ont beau parler d'amour et de tyrans, et de mort, aucun d'eux ne louche : au. cnn n'inspire de terreur jusqu'ici : mais l'intrigue commence à attacher, et c'est beaucoup. Le prbcipal mérite de celte pièce est

I dans l'embarras de celle intrigue, qui pique toujours la curioailé.

I ' Ce mol d^art est faible, et une ame aussi. Tàchei de ne j»J

1 mais faire suivre un vers fort cl bien frappé par un vpps languis-

,1 uni qui l'énervé.

120 HÉRAGLIUS.

HÉRACLIUS

Redoutez un peu moins les rigueurs d'un barbare : Pardonnez-moi ce mot; pour vous servir d'appui J'ai peine à reconnoitre encore un père en lui'. Résolu de périr pour vous sauver la vie, Je sens tous mes respects céder à cette envie; Je ne suis plus son fils , s'il en veut à vos jours, Et mon cœur tout entier vole à votre secours.

PULCHÉRIE

C'est donc avec raison que je commence à craindre. Non la mort, non l'hymen où l'on me veut contraindre, Mais ce péril extrême où pour me secourir Je vois votre grand cœur aveuglément courir.

MARTI AN, se croyant Léonce.

Ah , mon prince ! ah , madame ! il vaut mieux vous résoudl Par un heureux hymen à dissiper ce foudre*.

Au nom de votre amour et de votre amitié, Prenez de votre sort tous deux quelque pitié. Que la vertu du fils , si pleine et si sincère',

' Le lecteur doit ici se souvenir qu'Hëraclius sait bien que Phocas n*est point son père , mais qu'il n*a point dit son secret à Palchérie : cela cause peut-être un peu d'embarras, et c'est au tecteur à voir s'il aimerait mieux que Pulchérie fût instruite on non. Mais il y a aujourd'hui beaucoup de lecteurs si rebutés des mauvais vers, qu'ils ne se soucient point du tout de savoir qui est Martian, et qui est Héraclius, et qu'ils s'intéressent fort peu à Pulchérie.

* Comment dissipe-t-on un foudre par un hymen? Tonte métaphore, encore une fois, doit être juste. Dissiper ce foudre n est là que pour rimer à résoudre. Ce style est trop négligé.

3 Une vertu pleine et sincère n'est pas le mot propre : nne vertii n est i)i pleine ni vide.

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