‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 46 sur 248 · ACTE I, SCÈNE IV. lat · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV. lat

Vainque la juste horreur que vous avez du pùrc ' ; Et, pour mon intérêt, n'exposez pas tous deux'....

HÉRACLIUS

Que me dis-tu, Léonce? et qu'est-ce que tu veux? Tu m'as sauvé la vie; et, pour reconnoissance, Je voudrois à tes feux ôter leur récompense; Et, ministre insolent d'un prince furieux, Couvrir de cette houte un nom si glorieux ; Ingrat à mon ami , perfide à ce que j'aime , Cruel à la princesse, odieux à moi-même!

Je te connois, Léonce, et mieux que tu ne crois; Je sais ce que tu vaux, et ce que je te dois. Son bonheur est le mien, madame; et je vous donne Léonce et Martian en la même personne ; C'est Martian en lui que vous favo^isez^

' Fainqueest trop riiiie àroreille; ftorreur Je esiperrais f n vers '.

' Martian, cru Léonce, amoureun Je Pulchérie, veut ici que Pulchérie éponse Ucraclius, cru Martian, amoureux d'Eudoxe. Je remarqimrai, à cette flccaston, que toutes Its fois qu'on cède ce qu'on aime, ce sacrifice ne peut faire aucun effet, à moins qu'il ne coûte beaucoup : ce sont ces combats du cœur qui forment legrands intérêts ; de simplea arrangements de mariage ne sont jamais traQÎqaes, à moins que, dans ces arrangements ruëmes, il n'y ait un péril évident et quelque chose de funeste. N'expose: pas (om deux n'est pas français; il faut, ne tes expose: pas (nm

' Celaveul dire, pour le spectateur, qu'Hcraclîus , cru Manîanvoit dans Léonce nu autre lui-même; el cela veut dii-e anssi, d.^nz: l'esprit de l'auteur, que Léonce est le vrai Martian : c'est ce qi" =■■ débrouillera par la suite, et ce qui est ici t:n peu crabroi inais un spectateur bien attentif peut aimer k dcïnicr celle énijnii

I» HÉRACLIUS

Opposons la constance aux périls opposés'.

Je vais près de Phocas essayer la prière; Et si je n en obtiens la grâce tout entière ^^ Malgré le nom de père, et le titre de fils, Je deviens le plus grand de tous ses ennemis. Oui, si sa cruauté s obstine à votre perte, J'irai pour Tempécher jusqu'à la force ouverte. Et puisse , si le ciel m'y voit rien épargner, Un faux Héraclius en ma place régner^ !

Adieu, madame.

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