HÉRACLIUS, LÉONTINE, EUDOXE
HÉRACLIUS
Madame, il n est plus temps de taire D un si profond secret le dangereux mystère' ; Le tyran, alarmé du bruit qui le surprend, Rend ma crainte trop juste, et le péril trop grand . Non que de ma naissance il fasse conjecture; Au contraire , il prend tout poiu* grossière imposture, Et me connoit si peu, que, pour la renverser*, A rhymen qu'il souhaite il prétend me forcer. II m^oppose à mon nom qui le vient de surprendre: Je suis fils de Maurice; il m'en veut faire gendre, Et s'acquérir les droits d'un prince si chéri En me donnant moi-même à ma sœur pour mari^.
En vain nous résistons à son impatience.
Elle par haine aveugle, et moi pai* connoissance :
n*est pas touché. Que pour punir Phocas Dieu ta ressuscité: voilà où il fallait une métaphore , un tour noble qui sauvât ce ridicule.
' Ilëraclius ne dit ici rien de nouveau à Léontine. Il ne s*est rien passé de nouveau depuis la première scène du premier acte; mais l'embarras commence à croître dès qu'Héraclius veut se àé* clarer. Il ne dit rien, à la vérité, de tragique ; il explique seulement rembarras oA est Phocas.
* On ne renverse point une imposture ; on la confond.
^ Ce moi-même est de trop; sans doute, si on le marie, on le marie lui-même. Il fallait des expressions qui donnassent horreur de l'inceste.