‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 52 sur 248 · ACTE H, SCÈNK ïï. ioaj · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNK ïï. ioaj

^ui, qui ne conçoit rien de i'obstiicle éternel

^u oppose la nature à ce nœud cnniinei,

Menace Pulchérie, au refus obstinée,

Lui propose à demain la mort ou riiyménée.

] ai fait pour le fléchir un inutile effort;

Pour éviter Tinceste, elle n'a que la mort.

Jugez s'il n'est pas temps de montrer qui nous sommes,

De cesser d'être fils du plus méchant des hommes,

D'immoler mon tyran aux périls de ma sœur.

Et de rendre à mon père un juste successeur.

LÉONTINE

Puisque vous ne craignez que sa mort, ou rin(îest(î, Jo rends grâce, seigneur, à la bonté céleste De ce qu'en ce grand bruit le sort nous cîst si doux » Que nous n'avons encor rien à craindre pour vous. Votre courage seul nous donne lieu de craindre : Modérez-en l'ardeur, daignez vous y contraindre; Kt, puisque aucun soupçon ne dit rien à Phocas, Soyez encor son fils, et ne vous montrez pas. De ([uoi que ce tyran menace Pulchérie, J'aurai trop de moyens d'arrêter sa furie ^,

' Un sort qui est doux en un (jrand bruit; ces façons de parler obscures 9 impropres, gauches, triviales, incorrectes, indig^nent Uq lecteur qui a de Toreiile et du (joùt. Le parterre ne s'en aperçoit pas ; il se livre uniquement à la curiosité de savoir comment tout se démêlera.

' Ce discours de Ldontine inspire une grande curiosité; je ne Sfais s'il ue dégrade pas un yv.n Iléraclius, et même Pulchérie. Dien des gens n'aiment pas à voir les HIh d'un empereur dépendre entièrement d*une gouvernante, (jui los traite comme des enfants, et qui ne leur permet pas de sv mêler de leurs propres affaires : 6. (j

i3o IIÉRACLIUS.

De rompre cet hymen, ou de le retarder, Pourvu que vous veuillez ne vous point hasarder-. Répondez-moi de vous, et je vous réponds d^elle.

HÉRAGLIUS.

Jamais Toccasion ne s'offrira si belle.

Vous voyez un grand peuple à demi révolté, Sans qu'on sache Fauteur de cette nouveauté.

Il semble que de Dieu la main appesantie, SQ faisant du tyran FefFroyable partie S

cest aa lecteur à juger de la valeur de cette critique. Le mal est encore que cette Léontine, qui dit avoir tant de moyens, n*a effectivement aucun moyen dans le cours de la pièce, hors un biiiet dont lempereur peut très bien se saisir*.

' Les termes les plus bas deviennent quelquefois les plus nobles, soit par la place où ils sont mis , soit par le secours d*ane épithète l^ureuse. La partie est un terme de chicane; la main de Dieu appesantie qui devient Veffroyahle partie du tyran^ est une idée terrible. On pourrait incidenter sur une main qui se fait partie ; mais c'est ici que la critique des mots doit , à mon avis , se taire devant la noblesse des choses.

Tout ce que dit ici Héraclius est plein de force et de raisoi, mais la diction dépare trop les pensées. Évitons le hasardquun imposteur T abuse est un barbarisme. Un trône arraché sous un titre; un empereur qui se prévaudra d'un nom pris : tout cela est impropre, confus, mal exprimé.

Plusieurs personnes de goût sont choquées de voir une feome qui veut toujours prendre tout sur elle, et qui ne veut pas settlemcit j qu*Héraclius sache autre chose que son nom. Ce caractère n'etf 1 pas ordinaire ; il excite une grande curiosité ; mais encore unefoist j il rend le prince petit. On est secrètement blessé que le héros àt j la pièce soit inutile, et qu'une gouvernante, qui n'est ici qu'os* . intrigante , veuille tout faire par vanité. ;

* Phocas ne peut pas «Vn saisir , puisqu'il en ignore l'esisteiice. P.

Page 1