‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 54 sur 248 · ACTE II, SCÉNK II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÉNK II

Je II "examine rien, et n"iii pas la puissance De combattre l'amour et la rcconnoissance.

lie secret est à vous, et je serois ingrat Si sans votre congé j'osois en fiiire éclat, Puisque, sans votre aveu, toute mon aventure passeroit pour un songe ou pour une imposture, Je dirai plus : Teropire est plus à vous qu'à moi. Puisque Léonce mort tout entierje le doi; C'est le prix de son sang, c'est pour y satisfaire ' quejerendsàla sœur ce que je tiens du frère:

Non que pour m'acquitter par celte élection ' Mon devoir ait forcé mon inclination ;

pariait dans la simple coin

.lie, cl il'uoe manière m

oins él.;sarte,

moius fine qu'aujourd'hui.

Corneille a mis de l'amo

r dans toutes

ses pièces; mais on a liej

remarqua que ce( am

ur n'a jamais

ilé inlci-eSMnl que dans (e CitI, et atlaf.'haiil que ila

nsPo/reuere.-

c'est de tous les sentimeul

le plus froid et le plu

petit, quand

il n'est pas le plus violenl.

Je ne sais si on peut cite

ommeuneau-

tarilê,iUFait dcsimauv

isescomditiKS, que son

fui de tragédies, peut n'

voir point de poids ; n

ais, quoiqu'il

n'ait rien fait de bun pou

r le théâtre , et qu'il su

saaolres ouvrages, il av

il un (joût très cultivé

Voici ee qu'il

il dans sa lettre au corne

ien Kiceolioui :

■ Que les effets de l'am

or soient IiMciques con

me dans Her-

■ mioneetdans Phèdre, qu'

nierpprc-sen.eaccompaenédu.rouhie.

entes ngilalions qui en fo

ut le caractère ,

<enuDmo(,queles héros

n pas des dis-

•EDUreurs d'amour, cumm

e dans les pièces du grand CoineilU et

'dans cellG?de sou frère.

' Oa ne satisfait point a

' Le mot d'élection n'csl

nulle mcnl le mol propre

, Cl Iléracliui

ne peut mcllre en doute qu'il n'ait eu de l'iitclinalion pour Eu-

^ic, puisqu'il l'ainic dcp

is long- temps.

j34 IlÉRACLIUS.

Il présenta mon cœur aux yeux qui le charmèrent;

Il prépara mon ame aux feux qu'il^ allumèrent;

Et ces yeux tout divins, par un soudain pouvoir.

Achevèrent sur moi l'effet de ce devoir*.

Oui, mon cœur, chère Eudoxe, à ce trône n aspire

Que pouf vous voir bientôt maîtresse de Fempire.

Je ne me suis voulu jeter dans le hasard^

Que par la seule soif de vous en faire part 3;

C'étoit là tout mon but. Pour éviter Finceste

Je n'ai qu'à m'éloigner de ce climat funeste;

Mais si je me dérobe au rang qui vous est dû.

Ce sera par moi seul que vous l'aurez perdu;

Seul je vous ôterai ce que je vous dois rendre.

Disposez des moyens et du temps de le prendre 4.

Quand vous voudrez régner, faites-m'en possesseur^:

Mais, comme enfin j'ai lieu de craindre pour ma sœui

Tirez-la dans ce jour de ce péril extrême,

Ou demain je ne prends conseil que de moi-même.

LÉONTINE

Beposez-vous sur moi, seigneur, de tout son sort. Et n'en appréhendez ni l'hymen ni la mort^.

' Des yeux divins qui achèvent l'effet d'un devoir sur quelqu aD^ sont une étrange façon de parler.

* On se jette dans le péril , et non dans le hasard. ^ Tout cela est trop mal dcrit.

^ Il lui parle de prendre ce qu'il lui doit rendre.

* Faites moi possesseur de ce que je dois vous rendre j quand vo^ pourrez le prendre. Tout cela est hien loin de la noblesse et deréle* gance que le style tragique demande.

® N'appréhendez ni F hymen ni la mort de tout son sort : on *^' peut écrire plus barbarement.

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