‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 63 sur 248 · I.ÉONTliNh:, lirnoxE · texte numérisé non relu

I.ÉONTliNh:, lirnoxE

l.KO\TrNE.

Tout me coiifoiid, toiil me devient cantruirc. .le lie fuis rien du tout, quand je pense tout faire j Kt, loi'sque le liasai-d me flatte avec excès, Tout mon dessein avorte au milieu du succès : Il semble qu'un démon funeste :i sa conduite Des beaux commencements empoisonne la suiu> ' . Ce billet, dont je vois Martian abusé,' Fait plus en ma faveur que je n'aurnis usé* llarme puissamment le tils contre le pèie:

Mais, comme il a levé lebias en ijui j'espère'. Sur le point de frapper je vois avec regret Que ia nature y forme un ubsLaik- secret.

La vérité le trompe, et ne peut le séduire; Il sauve en reculant ce (ju'il croit mieux délniiie : U doute; et, de côté que je le vois pencher, 11 va presser l'inceste au lien de l'eiii|K-cher.

Madame, pour le moins v

' Léontjiie u'e^i yn plus cl:

pliram que iIbds ses iulriyiieS;.

rluile du deaein, et cela n'e^t p; Suivant l'urdra du iliscuu lita.1 en qui elle cspcrc. On ni' uUiremenl; loni ce rjiii mol ri, ien iin jinisci'ii.

i52 HÉRACLIUS.

De Fauteur de ce bruit, et de mon innocence '. Mais je m'étonne fort de voir à Fabandon Du prince Héraclius les droits avec le nom.

Ce biUet, confirmé par votre témoignage, Pour monter dans le trône est un grand avantage. Si Martian le peut sous ce titre occuper, Pensez-vous qu'il se laisse aisément détromper, Et qu'au premier moment qu'il vous verra dédire Aux mains de son vrai maître il remette l'empire?

LÉONTINE

Vous êtes curieuse, et voulez trop savoir 2.

N'ai-je pas déjà dit que j'y saurai pourvoir 3? Tâchons sans plus tarder à revoir Ëxupère, Pour prendre en ce désordre un conseil salutaire.

' Eudoxe ne songe qu à faire voir à sa mère qu'elle n*a point parlé; elle a été inutile dans toutes ces scènes.

Elle fait aussi des raisonnements, au lieu d*étre effrayée, comme elle doit Tétre, du sort qui menace le véritable Héraclius qu'elle aime.

^ Ce vers est intolérable. Léontine parle toujours à sa fille comme une nourrice de comédie : tout cela fait que , dans ces premiers actes, il n'y a ni pitié ni terreur.

^ Le malheur est qu*en effet elle ne pourvoit à rien : on s'attend qu'elle fera la révolution, et la révolution se fera sans elle. Le lecteur impartial, et sur-tout les étrangers, demandent comment la pièce a pu réussir avec des défauts si visibles et si Vévoltants. Ge n'est pas seulement le nom de Fauteur qui a fait ce succès; car, malgré son nom, plusieurs de ses pièces sont tombées : c'est qae l'intrigue est attachante , c'est que l'intérêt de curiosité est grand, c'est qu'il y a dans cette tragédie de très beaux morceaux qui enlèvent le suffrage des spectateurs. L'instruction de la jeunesse exige que les beautés et les défauts soient remarqués.

Page 1