PHOCAS, PULCHÉRIE, EXUPÈRE
AMINTAS
PHOCAS
Et toi, n'espère pas désormais me fléchir.
Je tiens Héraclius, et n ai plus rien à craindre, Plus lieu de te flatter, plus lieu de me contraindre. Ce frère et ton espoir vont entrer au cercueil, Et j'abattrai d'un coup sa tête et ton orgueil. Mais ne te contrains point dans ces rudes alarmes ; Laisse aller tes soupirs, laisse couler tes larmes'.
PULCHÉRIE
Moi pleurer! moi gémir, tyran! J'aurois pleuré
Si quelques lâchetés Tavoient déshonoré ,
S'il n'eût pas emporté sa gloire tout entière.
S'il m'avoit fait rougir par la moindre prière.
Si quelque infâme espoir qu'on lui dût pardonner
Eût mérité la mort que tu lui vas donner.
Sa vertu jusqu'au bout ne s'est point démentie .
Il n'a point pris le ciel ni le sort à partie,
Point querellé le bras qui fait ces lâches coups*,
* Expression qui n est ni noble ni juste. Des soupirs ne yont poin Ce qui est moins noble encore, c'est Finsulte ironique faite i^util ment à une femme par un empereur. Un tyran peut être reprësen perfide , cruel, sanguinaire , mais jamais bas ; il y a toujours de lâcheté à insulter une femme , sur-tout quand on est son mait absolu.
* On ne fait point des coups ; on dit, dans le style familier, fai