‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 78 sur 248 · ACTE IV, SCÈNK I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNK I

Elle a sur Martian toumê le coup fnial lie l'épreuve d'un cœur qu'elle coiuioissoit niat '. Seigneur, où seriez-vous sans ce nouveau service?

HÉRACLIUS

Qu'importe qui des deux on destine au supplice?

Qu'importe, Martian, vu ce que je tedoi,

Qui trahisse mon sort, d'Exupère ou de moi?

Si l'on ne me découvre, il faut que je m'expose;

Et l'un et l'autre enfin ne sont que même chose, Sinon qu'étant trahi jo mourrois malheureux , Et que, m'offrant pour toi, je mourrai (jénéreux'.

EODOSE.

Qiioi! pour désabuser une aveuyle furie.

Rompre votre destin, et donner voire \ie^!

HÉRACLIUS

Vous êtes plus aveugle encore en votre amour. Périra-t-d pour moi quandje lui dois le jour? Et lorsque sous mon nom il se livre à sa perte, ïieudrai-je sous le sien nia Foitune couverte? S'il s'agissoit ici de le i'aiic empereur.

Je pourrois lui laisser mon nom et son erreur:

' Tourner le coup de l'épreuve (Tuii cteiir n'esi pas inlelligible; ce tout ce raisonDemeot d'Eudoxe esl un peu obscur.

' Ici tous les senliments sont en raisonnement , et exprimes il'un tOD didactique, dans un style ijui est celui de la prose négligée. JVe lent que même chose, sinon, n'eal pas franyaie,

' Bompreun destin , dcsabuser une furie aveugle ! on ne desaliiise point une furie, on ne rompt puim un drilïn ; re np -.niit |i.i-; ici mois propres.

Mais conniver en lâche à ce nom qu on me volet Quand son père à mes yeux au lieu de moi Fimmole! Souffrir qu'il se trahisse aux rigueurs de mon sort' ! Vivre par son supplice , et régner par sa mort!

EUDOXE

Ah! ce n'est pas, seigneur, ce que je vous demande; De cette lâcheté rinfamie est trop grandç« Montrez-vous pour sauver ce héros du trépas; Mais montrez-vous en maître , et ne vous perdez pas: Rallumez cette ardeur où s'opposoit ma mère, Garantissez le fils par la perte du père; Et, prenant à Tempire un chemin éclatant^, '

Montrez HéracUus au peuple qui Fattend^.

HÉRACLIUS. I

Il n est plus temps. Madame; un autre a pris ma placeU Sa prison a rendu le peuple tout de glace : |

Déjà préoccupé d'un autre Héraclius , Dans Fefiroi qui le trouble il ne me croira plus; Et, ne me regardant que comme un fils perfide, Il aura de Fhorreur de suivre un parricide.

' Cette expression n'est grammaticale en aucune langue, et n'est pas intelligible; il veut dire qu'il subisse la mort qui m'était destinée : mais le fond de ces sentiments est héroïque; c'est doBima([0 qu'ils soient si mal exprimés.

* Prendre un chemin éclatant à t empire!

^ Ce vers est souvent répété, et forme une espèce de refrain; c'est le sujet de la pièce : il y a un peu d'affectation à cette répétition. Cette scène d'ailleurs est intéressante par le fond , et il y a de très beaux vers qui élèvent l'ame quand les raisonnementi l'occupent.

* Vers de comédie.

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