‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 85 sur 248 · ACTE IV, SCÈNE IV. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. i

MARTIAN, à Phocas.

Admire de quel fils le ciel ta fait le père.

Admire quel effort sa vertu vient de faire, Tyran; et ne prends pas pour une vérité Ce qu'invente pour moi sa générosité.

(à Héraclius.) Cest trop, prince, c'est ti'op pour ce petit service Sont honora mon bras ma fortune propice :

Je vous sauvai la vie, et ne la perdis pas; Et pour moi vous cherchez im assuré trépas !

Ah! si vous m'en devez quelque reconnoissance, f rince, ne m'ôtez pas l'honneur de ma naissance. Avoir tant de pitié d'un sort si glorieux.

De crainte d'être ingrat, c'est m'étre injurieux.

PHOCAS

En quel trouble me jette une telle dispute I A quels nouveaux malheurs m'expose-t-elle en butte! Lequel croire, Exupère, et lequel démentir?

Tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir'? Si ce billet est vrai, le reste est vraisemblable.

celle-ci, montrez Héraclius au peuple,\aqtie\ie revient trop souvent. U situation est très intéressante.

' n faut , ou bien vais-je en sortir*? Ce si s'employait autrefois par abus en sous-entendant, je demande, ou dis-moi, si /en vais iortir; mais c*est une faute contre la langue : il n'y a qu'un cas où ce II est admis,, c'est en interrogation ; si je parle ? si j'obéis? si je

* Les comédiens doivent adopter tontes ces corrections de Voltaire. Il eût ^é k souhaiter qu'il en eût fait davantage , et qu'il eût supprimé beaucoup <w tes remarques. N'avait-il pas dit lui-même , avec autant de goût que de 'îiion :

Le secret d'ennuyer est celui de tout dire. P.

i86 HÉRÂCLIUS.

EXUPÈRE

Mais qui sait si ce reste est faux ou véiitabte?

PHOCAS

Léontine deux fois a pu tromper Phocas.

EXUPÈRE

Elle a pu les changer, et ne les changer pas < • Et plus que vous, seigneur, dedans l'inquiétude % Je ne vois que du trouble et de l'incertitude.

HÉRAGLIUS.

Ce n est pas d'aujourd'hui que je sais qui je suis : Vous voyez quels effets en ont été produits^. Depuis plus de quatre ans vous voyez quelle adresse r.ppo,îeàrejXlhymend«l.pLcL, Où sans doute aisément mon cœur eût consenti. Si Léontine alors ne m'en eût averti.

MARTIAN

Léontine?

commets ce crime? on sous-entend, qu arriver a-t-il? qu*en penseree-vous , etc. ? Mais alors il ne faut pas faire précéder ce si paf une autre figure; il ne faut pas aire ^ parlé-je h un sage y on sij^ parle à un courtisan ?

' Elle a pu les changer , et ne les changer pas ; Et plus bas

EUe a pu fabaser , et ne l'abuser pas , sont des vers de comédie ; mais la force de la situation les rend tragiques. La contestation d*Héraclius et de Martian me parait sublime. Si Phocas joue un rôle faible et très embarrassant pour Facteur pendant cette noble dispute, il devient tout d*an coup noble et intéressant dès qu'il parle.

■ Ce vers est mal fait, indépendamment de cette faute, dedanSr mais Exupère dit ce qu il doit dire.

^ Cet en est vicieux , et le vers est trop faiblei

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