‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La Harpe (volume 4)Chapitre 87 sur 248 · ACTE IV, SCÈNE IV. 1S · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV. 1S

Couvert ou de louaojje, ou doppiobie ctcinel ', Ne souillez point ma mort, et ne veuillez pas faire Du venjjeur de Tenipire un assassin d'un père,

IIÉRACLIUS.

Mon nom seul est coupable', et, sans pins disputer, Pour te faire innocent tu n'as qu'à le quitter; Il conspira lui seul , tu n'en es point complice^. Ce n'est qu'Héraclius qu'on envoie au supplice : Sois son fils, tu vivras.

MABTIAN.

Si jeravoisété, Seigneur, ce traître en vain m'auroit sollicite; Et, lorsque contre vous il m'a fait entreprendre 4,

n'est pas français; il faut, d'un opprobre étemel. D'opprobre est ici absolu, et ne souffre point dcpltliéle; et on ne peut dire couvert de louange , corame on dit couiiertde gloire , de lauriers, d'opprobre, de honte. Pourquoi? c'est qu'en effet la home, la gloire , les lauriers, semblent environner un homme, le couvrir: la gloire couvre de ses riijons; les lauriers couvrent la lûte j la honte, la rougeur, couvrent le visage; mais la louange ne couvre pas.

' C'est là, ce me semble , une très noble hardies.^e d'expression.

3 On ne peut pas dire qu'un nom a conspiré. Tu n'en es point complice est une petite faute.

* Ce verbe entreprendre est actif, et veut ici absolument un régime. On ne dit point entreprendre pour conspirer.

jV. B. C'est parler très bien que de dire, je sais méditer, ejitrcprendTe^ etagir, parcequ'alors entreprendre, méditer, ont un sens ÛuUfini. Il en est de mËine de plusieurs verbes actifs qu'on laisse alors sans régime; il avait une tête capable d'imaj-iner, un citur fait pour sentir, un bras pour exécuter; mais, j'exécute contre vous, j entreprends contre vous, j'imagine contre vous n'est pas français, fourquoi? parceqtie ce dcSni contre vous fait attendre la clmsu

igo HÉRAGLIUS.

La nature en secret auroit su m en défendre.

HÉRAGLIUS.

Apprends donc qu en secret mon cœur t'a prévenu. J'ai voulu conspirer, mais on m'a retenu; Et dedans mon péril Léontine timide....

MARTIAN

N a pu voir Martian commettre un parricide.

Toi, que de Pulchérie elle a fait amoureux, Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux*. Elle a rendu pour toi Fun et l'autre funeste, Martian parricide, Héraclius inceste.

Et n'eût pas eu pour moi d'horreur d'un grand forfait', Puisque dans ta personne elle en pressoit l'effet. Mais elle m'empêchoit de hasarder ma tête.

Espérant par ton bras me livrer ma conquête.

Ce favorable aveu dont elle t'a séduit^ T'exposoit aux périls pour m'en donner le fruit; Et c'étoit ton succès qu'attendoit sa prudence. Pour découvrir au peuple ou cacher ma naissance.

<juon imagine y quon exécute ^ et quon entreprend; vous ne vous êtes pas expliqué. Voyez comme tout ce qui est ré£;le est fondé vor la nature.

' Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux,

nest pas français ; il faut un de. Juger ^ avec un accusatif, ne se dit que quand on juge un coupable , un procès ; on juge une action bonne ou mauvaise. De plus , ce vers est obscur, Ju^e ton dessé^ et tes feux sous les deux noms,

* Pour moi n*est pas français ainsi placé ; il veut dire, neûtp^ eu horreur de me rendre parricide.

* On ne peut pas dire, elle t*a séduit d'un aveu; il fsLVtparun

Page 1