SCENE II
C'est ici qu'on voit plus qu'ailleurs la nécessité absolue de faire de beaux vers, c'est-à-dire d'être éloquent de cette éloquence propre au caractère du personnage et à sa situation , de n'avoir que des idées justes et naturelles, de ne se pas permettre un mot vicieux, une construction obscure, une syllabe rude, de charmer l'oreille et l'esprit par une élégance continue. Les rôles qui ne sont ni principaux, ni relevés, ni tragiques, ont sur-tout besoin de cette élégance, et du charme d'une diction pure. Bérénice^ AtaUde, Èryphile, Aricie^ étaient perdues sans ce prodige de l'art; prodige d'autant plus grand , qu'il n'étonne point , qu'il plaît par la simplicité^ et que chacun croit que, s'il