‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 131 sur 285 · FIN DES REMARQUES · texte numérisé non relu

FIN DES REMARQUES

PULCHÉRIE

TRAGEDIE

PREFACE DE VOLTAIRE

Pulchérîe était une fille de Tempe reiirArcadius et de l'impératrice Eudoxie.Elle avait toute l'amhilioD de sa mère. Corneille dit, dans son avis au lecteur, que ses talents étaient merveilleux, et que dès l'âge de quinze ans elle empiéta l'empire sur son frère. Il est vrai que ce frère , Théodose second, était un homme très faible, qui fut longtemps gouverné par cette sœur impérieuse, plus capahie d'intrigues que d'affaires, plus occupée de soutenir son crédit que de défendre l'empire, et n'ayant pour ministres que des esclaves sans courage.

Aussi ce fut de son temps que les peuples du Nord ravagèrent l'empire romain. Cette princesse, après la mort de Théodose le jeune, épousa un vieux militaire aussi peu fait pour gouverner que Théodose; elle en fit son premier domestique sous le nom d'empereur. C'était un homme qui n'avait su se conduire ni dans la guerre ni dans la paix. Il avait été long-temps prisonnier de Genseric, et quand il fut sur le trône il ne

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se mêla que des querelles des Eutychiens et des Nestoriens. On sent un mouvement d^indignation quand on lit , dans la continuation de Fhistoire romaine de Laurent Échard, le puéril et honteux éloge de Pulchérie et de Martian : « Puli< chérie, dit l'auteur, dont les vertus avaient mé- « rite la confiance de tout l'empire , offrit la cou- « ronne à Martian , pourvu qu'il voulût l'épou- « ser, et qu'il la laissât fidèle à son vœu de virgi- «< nité. »

Quelle pitié ! il fallait dire : pourvu qu'il la laissât demeurer fidèle à son vœu d'amhition et d'avarice : el)e avait cinquante ans , et Martian soixante et dix.

Il est permis à un poëte d'ennoblir ses personnages et de changer l'histoire, sur-tout l'histoire de ces temps de confusion et de faiblesse.

Corneille intitula d'abord cette pièce tragédie; il la présenta aux comédiens , qui refusèrent de la jouer* : ils étaient plus frappés de leurs intérêts que de la réputation de Corneille. Il fut

*Les comédiens en firent autant pour Voltaire; jamais ils ne voulurent jouer ni les Guèbres^ ni les Lois de Minos, ni Don Pèdre, ni les Pélopides, ni sur-tout sa comédie intitulée le Dépositaire^ le seul de ses ouvrages où l'on ne retrouve aucune trace de son génie. Il essuya de

DE VOLTAIRE. aog

obligé de la donner à une mauvaise trou|)G qui jouait au Marais, et qui ne put se soutenir; et, malheureusement pour Pulcliérie, on joua Miihridate à peu près dans le inènie temps; ear Pulchérie fut représentée les derniers jours de 1672, et Mithridate les premiers de [67.3.

Fontenelle prétend que son oncle Corneille se peignit lui-même avec bien de la force dans lepersonna(i;e deMartian, Voici comme Martian parle de lui-même dans la premiêfc scène du se-

cond acte :

J'aimois quand j'êtois jeune Quelquefois de soi-même

iclierclioitiiJue plaire;

Mais, Lélaslj'élois jeune, e Le souvenir en tue, et l'on Qu'avec, s'il le faut .lire, ur On le repousse, on fait ren Le trait qu'on porte au cœi Et ce feu, que de lionle on

le mieux place;

ce temps est passé;

e l'envisage

e espèce de rajje :

projets superflus; r s'enfonce d'autant plus,

obstine à contraindre.

Redouble par l'effort qu'un

se fait pour IVteindi'e.

Si ces vers d'un vieu\ be

j;er, plutôt que d'un

pareils refus plus jeune que Cor au théâtre Italien, quand il eut

neille; il en essuya même a fantaisie de faire jouer

des opéra comiques. Ces vérité lilen n'est-il pas pitn rliir enve

s le jiiand boinnie qu'il

commente! P.

vieux capitaine, ont paru ^brls à Fontenelle, iU n^en sont pas moins faibles. Enfin Pulchérie épouse Martian. Un Âspar en est tout étonné ; uQuoi! dit-il, tout vieil et tout cassé quHl est? » Pulchérie répond : « Tout vieil et tout cassé, je « Fépouse ; il me plait; j^ai mes raisons. »

Cette Pulchérie, qui dit à Léon : fai de la fierté, s^exprime trop souvent en soubrette de comédie :

Je vois entrer Irène; Aspar la trouve belle; Faites agir pour vous Faraour qu'il a pour elle ; £t, comme en ce dessein rien n'est à négfliger, Voyez ce qu'une sœur vous pourra ménager.

Vous aimez, vous plaisez ; c'est tout auprès des femmes; C'est par là qu'on surprend^ qu'on enlève leurs âmes.

Aspar vous aura vue, et son ame est chag^rine... Il m'a vue , et j'ai vu quel chagrin le domine ; Mais il n'a pas laissé de me faire juger Du choix que fait mon cœur quel sera le danger. Il part de bons avis quelquefois de la haine ; On peut tirer du fruit de tout ce qui fait peine ; Et des plus grands desseins qui veut venir à bout, Prête l'oreille à tous, et fait profit de tout.

G^est ainsi que la pièce est écrite. La matière y est digne de la forme : c'est un mariage ri-

dîctile , traversé ridiculement, et conclu de même.

L'intrigue de la pièce, le style, et le mauvai succès, déterminèrent Corneille ;'t ne donner cet ouvrage que le titre de comédie héfoïque mais comme il n'y a ni comique ni héroïsme dans la pièce, Userait dîfUcile de lui donner un nom qui lui convint.

I! semble pourtant que si Corneille avait voulu choisir des sujets plus dignes du théâtre tragique, il les aurait peut-être traités convenahlement; il aurait pu rapjœler son génie, qui fujait de lui. On en peut juger par le déhut de Pulchérie ;

Je vous aime, Léon, et n'en fais point mystère : Des feiLx tels que les miens n'ont rien qu'il faille taire : Je vous aime , et non pas Je cette folle ardeur Que les yeux éblouis font maîtresse du cceur; Non d'un amour conçu par les sens en tumulte, A qui l'ame applaudit sans qu'elle se consulte , Et qui , ne concevant que d'aveugles désirs , Languit dans les faveurs,et meurt dans les plaisirs.

Ces premiers vers en effet sont imposants : ils sont bien faits; il n'y a pas une faute contre la langue; et ils prouvent que Corneille aurait pu écrire encore avec force et avec pureté, s'il avait

voulu travailler davantage ses ouvrages. Cependant )es connaisseurs d^un goût exercé sentiront bien que ce début annonce une pièce froide. Si Pulchérie aime ainsi , son amour ne doit guère toucher. On s'aperçoit encore que c'est le poète qui parle ) et non la princesse : cest un dé£eiut dans lequel Corneille tombe toujours. Quelle princesse débutera jamais par dire que l'amour languit dans les faveurs et meurt dans les plaisirs? quelle idée ces vers ne donnent-ils pas d'une volupté que Pulchérie ne doit pas connaître? De plus, cette Pulchérie ne fait ici que répéter ce que Viriate a dit dans la tragédie de Serlorius :

Ce ne sont pas les sens que mon amour consulte, Il hait des passions l'impétueux tumulte*

Il y a des beautés de pure déclamation ; il y a des beautés, de sentiment , qui sont les véritables. Cette pièce tombe dans le même inconvénient qu'Othon : trois personnes se disputent la main de la nièce d'Othon ; et ici on voit trois prétendants à Pulchérie: nulle grande intrigue, nul événement considérable, pas un seul personnage auquel on s'intéresse. Il y a quelques, beaux vers dans Othon; et ce mérite manque à

UE VOLTAIRE. ai3

Pulcbérie : on y parle d'amour de manière à dégoûter de celte passion , s'il était possible. Pourquoi Corneille s'obstinait-il à traiter l'amour? Sa comédie héroïque de Tite et Bérénice devait lui apprendre que ce n était (as à lui de faire parler des amants, ou plutôt qu'il ne devait plus travailler pour le théâtre : so/i?e senescenlem. Il veut de l'amour dans toutes ses pièces; et depuis Polyeucte ce ne sont que des contrats de mariage, où l'on stipule pendant cinq actes les intérêts des parties, ou des raisonnements alambiqués sur le devoir des vrais amants. A Icgard du style, tandis qu'il se perfectionnait tous les jours en France, Corneille le (jâtait de jour en jour : cestdès la première scène, ïhaliilude à régner, et [horreur d'en déchoir; c'est un penchant Jlalfew qui fait des assurances; ce sont de liants faits qui portent à grands pas ù f empire.

C'est un vieux Martian qui conte ses amours a sa fille Justine, et qui lui dit. Allons; parle aussi des tiens : c'est mon tour découler. La bonne Justine lui dit comment elle est tombée amoureuse, et comment son imprudente ardeur, prête ù s'évaporer, respecte sa pudeur.

On parie toujours d'amour à la Pulchéri»:

âgée de cinquante ans: elle aime un prince nom-

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mé Léon , et elle prie une fille de sa cour de faire Famour à ce Léon, afin qu^elle, impératrice, puisse s'en détacher.

Qu^il est fort cet amour! sauve-m'en , si tu peux :

Vois Lcon, parle-lui, dérobe-moi ses vœux.

M'en faire un prompt larcin, c'est me rendre service.

De tels vers sont dune mauvaise comédie; et de tels sentiments ne sont pas d'une tragédie.

Mais que dirons-nous de ce vieux Martian amoureux de la vieille Pulchérie*? Cette impératrice entame avec lui une plaisante conversation au cinquième acte :

On m'a dit que pour moi vous aviez de Famour , Seigneur : seroit-il vrai?

MARTIAN

Qui vous Ta dit, madame?

PULCHÉI\IE.

Vos services, mes yeux...

A quoi le bonhomme répond quil s est tu après s être rendu; quen effet il languit, il soupire; mais

* Pourquoi toujours cette vieille Pulchcrie, si, comme Voltaire en convient, page 208, il est permis aux poètes de changer l'histoire ? Corneille n'a-t-il pas été le maître de rajeunir cette princesse? A-t-on reproché à Voltaire d'avoir représenté beaucoup plus jeunes qu'elles ne pou*

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qu'enfin la langueur qu'on voit sur son visage est encore plus t effet de Camour que de Page.

J'âime encore mieux je ne sais quelle farce dans laquelle un vieillard est saisi d'une toux violente devant sa maîtresse ; et lui dit, Mademoiselle, c'est damour que je tousse.

J avoue sans balancer que lesPradon, les Bonnecorse, les Coras, les Danchet, n'ont rien fait de si plat et de si ridicule que toutes ces dernières pièces de Corneille* : mais Je n'ai du le dire qu'après l'avoir prouvé.

Corneille se plaint, dans une de ses épîtres, des succès de son rival; il finit par dire :

Et la seule tendresse est toujours à la mode.

Oui, la seule tendresse de Racine, la ten-

vaient l'être Jocastc dans OEdlfie, et Semiramis dans la tragédie de ce nom ? Cette liberté n'a-t-elle pas appartenu de tout temps â la poésie? Voltaire se plaît à vieillir les personnages de Corneille pour les rendre ridicules: on en a déjà vu un exemple dans Rodogitne. P.

* Voltaire, dans la première édition de ce commentaire, s'était respecte davantag^c; il ne s'était point permis cette odieuse comparaison île Bonnecorse et de fradon avec Corneille; mais, irrité des critiques qui s'élevèreni en foule contre cette première édition, il n'y répondît qu'en ne gardant plus aucune mesure. P.

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dresse vraie, touchante, exprimée dans un style égal à celui du quatrième livre de Virgile, et non pas la tendresse fausse et froide , mal exprimée.

Ce que peu de gens ont remarqué, c'est que Racine, en traitant toujours l'amour, a parfaitement observé ce précepte de Despréaux:

Qu'Achille aime autrement que Tyrcis et Philène,. Et que Famour, souvent de remords combattu.

Paroisse une foiblesse, et non une vertu.

Le rôle de Mithridate est au fond par lui-même un peu ridicule : un vieillard jaloux de ses deux enfants est un vrai personnage de comédie, et la manière dont il arrache à Monime son secret est petite et ignoble; on l'a déjà dit ailleurs, et rien n'est plus vrai : mais que ce fond est enrichi et ennobli ! que Mithridate sent bien ses fautes, et qu'it se reproche dignement sa faiblesse!

Quoi! des plus chères mains crai gênant les trahisons^ J'ai pris soin de m'armer contre tous les poisons ; J'ai su, par une longue et pénible industrie , Des plus mortels venins prévenir la furie.

Ah! qu'il eût mieux valu , plus sag^e et plus heureux^ Et repoussant les traits d'un amour dangereux, Ne pas laisser remplir d'ardeurs empoisonnées. Un cœur déjà glacé par le froid de$ années ^

Quand un homme se reproclie ses fautes avec tant de force et de noblesse, avec un langafje si sublime et si naturel, on les lui pardonne.

C'est ainsi que lioxane se dit à elle-même :

Tu pleures, malheureuse! ahl tu devais pleurer Lorsque, d'un vain desîr à ta perte poussée.

Tu conçus de le voir la première pensée.

Od ne voit point, dans ces excellents ouvrages, de héros qui porte un beau feu dans son sein, de princesse aimant sa renommée, qui, quand elle dit quelle aime, est sûre d être aimée. On n'y fait point un conpliment , plus en homme iCesprit qu'en véritable amant; tabsence aux vrais amants n'y est pas pire que la peste. Un licros n'y dit point, comme dans jilcibiade,t[ue, quand il a tivublé tapaix d'unjeune cœur, ila cent fois éprouvé qu'un mortel peut (joùlcr un bonheur achevé. Phèdre, dans son admirable rùie, le ehef-d œuvre de l'esprit humain, et le modèle éternel, mais inimitable,^ quiconque voudra jamais écrire en vers; Phèdre se fait plus de i-eproclics «pie le mari le plus austère ne pourrait lui en faire. C'est ainsi, encore une fois, qu'il faut parler d'imiour, ou n'en point parli'r du tout.

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CTest sur-tout en lisant ce rôle de Phèdre qu^on s'écrie avec Despréaux :

Eh ! qui voyant un jour la douleur vertueuse*

De Phèdre, malgré soi, perfide, incestueuse,

D'un si noble travail justement étonné,

Ne bénira d'abord le siècle fortuné

Qui , rendu plus fameux par tes illustres veilles.

Vit naître sous ta main ces pompeuses merveilles !

Ces merveilles étaient plus touchantes que pompeuses. Que ceux-là se sont trompés qui ont dit et répété que Racine avait g;àté notre théâtre par la tendresse , tandis que c'est lui seul qui a épuré ce théâtre, infecté toujours avant lui , et presque toujours après lui, d'amours postiches, froids et ridicules, qui déshonorent les sujets. les plus graves de l'antiquité! Il vaudrait autant se plaindre du quatrième livre de Virgile, que de la manière dont Racine a traité lamour : si on peut condamner en lui quelque chose, c'est de n'avoir pas toujours mis dans cette passion toutes, les fureurs tragiques dont elle est susceptible, de ne lui avoir pas donné toute sa violence, de s'être quelquefois contenté de l'élégance, de n'avoir que touché le cœur quand il pouvait le déchirer , d'avoir été faible dans presque tous ses derniers actes ; mais , tel qu'il est , je le crois le plus

par&it de tous nos poètes : son art est si difficile que depuis lui nous n^avons pas vu une seule bonne tragédie. Il y en a eu seulement quelques unes, en très petit nombre^ dans lesquelles les :^onnaisseurs trouvent des beautés; et, avant lui, nous n'en avons eu aucune qui fût bien faite du commencement jusqu^à la fin. I/auteur de ce commentaire est d^autant plus en droit d'annoncer cette vérité , que lui-même , s'étant exercé dans le g;enre tragique, n^en a connu que les difficultés, et n^est jamais parvenu à faire un seul ouvrage qu'il ne regardât comme très médiocre.

Non seulement Racine a presque toujours traité Tamour comme une passion funeste et tragique dont ceux qui en sont atteints rougissent ; mais Quinault même sentit dans ses opéras que c'est ainsi qu'il faut représenter l'amour.

Armide commence par vouloir perdre Renaud, lennemi de sa secte :

Le vainqueur de Renaud , si quelqu^un le peut être , Sera digne de moi.

Elle ne Taime que malgré elle ; sa fierté en gémit : elle veut cacher sa faiblesse à toute la terre; elle appelle la Haine à son secours :

Venez , Haine implacable ,

Sortez du gouffre épouvantable Où vous faites régner une éternelle borreiir :. ^ Sauvez-moi de F Amour, rien n'est si redoutable; Rendez-moi mon courroux , rendez-moi ma fureur^ Contre un ennemi trop aimable.

Il y a même de la morale dans cet opéra. La Haine, qu'Armlde a invoquée, lui dit:

Je ne puis te punir d'une plus rude peine Que de l'abandonner pour jamais à FAmour.

Sitôt que Renaud s'est regardé dans le mirôiV symbolique qu'on lui présente , il a honte de lub même; il s'écrie :

Ciel , quelle bonté de paroître Dans l'indigne état où je suis!

Il abandonne sa maîtresse pour son dçvoir sans balancer. Ces lieux communs de morak lubrique que Boileau reproche à Quinault ne sont ([uc dans la bouche des {jénies séducteurs qui ont contribué à faire tomber Renaud dans le piège.

Si on examine les admirables opéras de Quinauh, yirmide, Rolandy Àlis, Tlié$(^e, Amadh^ lamoiir y est tragique el funeste: cVst une vérité que p(Mi (le critiques ont reconnue, parcequc rien n csl si rare que d'examiner. Y a-t-il rien, par

DE VOLTAIRE. «i

exemple , de plus noble et de plus beau que ces vers diJmadis?

•Tai choisi la gloire pour guide , Tai prétendu marcher sur les traces d'Alcide :

Heureux si j'avois évité Le charme trop fatal dont il fut enchanté !

Son cœur n'eut que trop de tendresse.

Je suis tombé dans son malheur ;

J'ai mal imité sa valeur,

J'imite trop bien sa foiblesse.

Enfin Médée elle-même ne rend-elle pas liommage aux mœurs, qu'elle brave, dans ces vers si connus !

Le destin de Médée est d'être criminelle ; Mais son cœur étoit né pour aimer la vertu.

Voyez sur Quinault et sur les régies de la tragédie la Poétique de M. Marmontel*, ouvrage rempli de goût , de raison et de science.

* Marmontel, ennemi de Boileau, à qui il n'accorde ni feu, ni verve, ni fécondité, a traité Quinault très favorablement dans sa Poétique. Il est vrai qu'en revanche il se proposait de le traiter bien inhumainement à l'Opéra : on 5ait qu'il avait offert aux directeurs de ce spectacle de retoucher tous les ouvrages de ce poëte lyrique , moyennant un prix dont, heureusement pour Quinault, on ne convint pas. P.

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On aurait pu placer ces réflexions au-devant de toute autre pièce que Pulchérie; mais elles se sont présentées ici^ et elles ont distrait un mo-^ ment l'auteur des remarques du triste soin de faire réimprimer des pièces que Corneille aurait dû oublier, qui n'ôtent rien aux grandes beautés de ses ouvrages, mais qu'enfin il est difficile de pouvoir lire.

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