‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 132 sur 285 · PRÉFACE DE CORNEILLE · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE CORNEILLE

Pulchérîe, fille de l'empereur Arcaclius, et sœurdu jeune Tliéodose, a été une princesse très illustre, et dont les talents étoient merveilleux : tous les historiens en conviennent. Dès l'àffe de quinze ans, elle empiéta le gouvernement sur son fi'ère, dont elle avait reconnu la foiblesse, et s'y conserva tant quil vécut, à la réserve d'environ une année de dis(jrace, qu'elle passa loin de la cour, et qui coûta cher à ceux qui l'avoient réduite à s'en éloigner. Après la mort de ce prince, ne pouvant retenir l'autorité souveraine en sa personne, ni se résoudre à la quitter, elle proposa son mariage ù Martian, à la charge qu'il lui permettroit de garder sa virginité, qu'elle avoit vouée et consacrée à Dieu. Comme il étoit déjà assez avancé dans la vieillesse, il accepta la condition aisément, et elle le nomma pour empereur au sénat, qui ne voulut, ou n'osa l'en dédire. Elle passoit alors cinquante ans, et inouiut deux ans après, Martian en régna sept, et eut pour successeur Léon, que

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ses excellentes qualités firent surnommer te Grand. Le patrice Aspar le. servît à monter au trône, et lui demanda pour récompense l'association à cet empire qu'il lui avoit fait obtenir. Le refus de Léon le fit conspirer contre ce maître quHl s'étoit choisi ; la conspiration fut découverte, et Léon s'en défit. Voilà ce que m'a prêté l'histoire. Je ne veux point prévenir votre jugemient sur ce que j'y ai changé ou ajouté, et me contenterai de dire que, bien que cette pièce ait été reléguée dans un lieu où on ne «vouloit plus se souvenir qu'il y eût un théâtre , bien qu'elle ait passé par des bouches pour qui on n'étoit prévenu d'aucune estime , bien que ses principaux caractères soient contre le goût du temps, elle n'a pas laissé de peupler le désert, de mettre en crédit des acteurs dont on ne connoissoit pas le mérite, et de faire voir qu'on n'a pas toujours besoin de s'assujettir aux entêtements du siècle pour se faire écouter sur la scène, .l'aurai de quoi me satisfaire, si cet ouvrage est aussi heureux à la lecture qu'il l'a été à la représentation ; et , si j'ose ne vous dissimuler rien, je me flatte assez pour l'espérer'.

' 11 se flatte beaucoup trop : cet ouvraf»'e ne fut point

lieurem à la représenta tioD , et ne le sera jamais à la lecture, puisqu'il n'est ni intéressant, ni conduit théâtralement, ni bien écrit; il s'en Faut beaucoup.

On a prétendu que ce grand liomme, tombé si bas, nVtait pas capable d'apprécier ses ouvrages , qu'il ne savait pas distinguer les admirables scènes de China, de Polyeucte, de ceUes d'j4gésilas et d'Allila. J'ai peine ii le croire : je pense plutôt qu'appesanti par Tàge et par la dernière manière qu'il s'était faite insensiblement, il cherchait à se tromper lui~mênii-.

PERSONNAGES

PDLCHÉRIE, impératrice d'Orient.

MARTI AN, vieux sénateur, ministre d'état &

Théodose le jeune.

LÉON , amant de Pulchérie.

ASPAR, amant d'Irène.

IRÈNE, sœur de Léon.

JUSTINE, fille de Martian.

La scène est à Gonstautinople , dans le paiais impérial.

PULCHÉRIK

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