ACTE III, SCÈÎSF, II
De tout autre que lui l'amour sait me défendre. Qu'il est fort cet amour! sauve-m'en, si tu peux; Vois Léon, parle-lui, dérobe-moi ses vœux:
]M"eii faire un prompt larcin , c'est me rendre un service Qui saura m'arracher dos bords du précipice : Je le crains, je me crains, s'il n'engage sa foi. Et je suis trop à lui tant qu'il est tout à moi. Sens-tu d'un tel effort ton amitié capable?
Ce héros n'a-t-il rien qui te paroisse aimable?
Au pouvoir de tes yeux j'unirai mon pouvoir:
Parle; que résous-tu de faire?
JUSTINE
Mon devoir.
Je sors d un sang, madame, à me rendre assez vaine Pour attendre un époux d'une main souveraine; Et n'ayant point d'amour que pour ma liberté. S'il la faut immoler à votre sûreté.
J'oserai.... Mais voici ce cher Léon, madame; Voulez-vous....
PULCilKRlE.
Laisse-moi consulter mieux mon ame; Je ne sais pas encor trop bien ce que je veux : Attends un nouvel ordre, et suspends tous tes vœux.