SCÈNE m
PULCHiliRTE, LÉON, JUSTINE.
PULCHÉHIE.
Seigneur, qui vous ramène? est-ce l'impatience
a66 PtTLCHÉRIE.
D'ajouter à mes maux ceux de votre présence, De livrer tout mon cœur à de nouveaux combats; Et souffré-je trop peu quand je ne vous vois pas?
LÉON
Je viens savoir mon sort.
PULCHÉRIE
N'en soyez point en doute;^ Je vous aime et nous plains : c'est là me peindre C'est tout ce que je sens; et si votre amitié Sentoit pour mes malheurs quelque trait de pitié, Elle m'épargneroit cette fatale vue, Qui me perd, m'assassine, et vous-même vous tue.
LÉON
Vous m'aimez, dites- vous?
PULCHÉRIE
Plus que jamais.
LÉON
Hélas!
Je souffrirois bien moins si vous ne m'aimiez pas. Pourquoi m'aimer encor seulement pour me plaindi
PULCHÉRIE
Comment cacher un feu que je ne puis éteindre?
LÉON
Vous rétoiiffez du moins sous l'orgueil scrupuleux Qui fait seul tous les maux dont nous mourons tous Ne vous en plaignez point, le vôtre est volontaire; Vous n'avez que celui qu il vous plaît de vous faire; Et ce n'est pas pour être aux termes d'en mourir (^ue d'en pouvoir guérir dès qu'on s'en veut guérir.