‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 159 sur 285 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

PULCHiliRTE, LÉON, JUSTINE.

PULCHÉHIE.

Seigneur, qui vous ramène? est-ce l'impatience

a66 PtTLCHÉRIE.

D'ajouter à mes maux ceux de votre présence, De livrer tout mon cœur à de nouveaux combats; Et souffré-je trop peu quand je ne vous vois pas?

LÉON

Je viens savoir mon sort.

PULCHÉRIE

N'en soyez point en doute;^ Je vous aime et nous plains : c'est là me peindre C'est tout ce que je sens; et si votre amitié Sentoit pour mes malheurs quelque trait de pitié, Elle m'épargneroit cette fatale vue, Qui me perd, m'assassine, et vous-même vous tue.

LÉON

Vous m'aimez, dites- vous?

PULCHÉRIE

Plus que jamais.

LÉON

Hélas!

Je souffrirois bien moins si vous ne m'aimiez pas. Pourquoi m'aimer encor seulement pour me plaindi

PULCHÉRIE

Comment cacher un feu que je ne puis éteindre?

LÉON

Vous rétoiiffez du moins sous l'orgueil scrupuleux Qui fait seul tous les maux dont nous mourons tous Ne vous en plaignez point, le vôtre est volontaire; Vous n'avez que celui qu il vous plaît de vous faire; Et ce n'est pas pour être aux termes d'en mourir (^ue d'en pouvoir guérir dès qu'on s'en veut guérir.

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