LÉON, JUSTINE
LÉON
C'est trop de retenue, il est temps que j'éclate. Je ne Tai point nommée ambitieuse, ingrate; Mais le sujet enfin va céder à lamant, Et Texcès du respect au juste emportement.
Dites-le-moi, madame; a-t-on vu perfidie Plus noire au fond de Tame, au-dehors plus hard A-t-on vu plus d'étude attacher la raison A Tindigne secours de tant de trahison?
Loin d en baisser les yeux, l'orgueilleuse en fait { Elle nous l'ose peindre en illustre victoire. L'honneur et le devoir eux seuls la font agir! Et, m'étant plus fidèle, elle auroit à rougir!
JUSTINE
La gène qu'elle en souffre égale bien la vôtre : Pour vous, elle renonce à choisir aucun autre; Elle-même en vos mains en a fait le serment.
LÉON
Illusion nouvelle, et pur amusement!
Il n'est, madame, il n est que trop de conjonctur< Où les nouveaux serments sont de nouveaux par Qui sait l'art de régner les rompt avec éclat. Et ne manque jamais de cent raisons d'état.
f ACTE III, SCÈNE IV. 27
P JUSTINE
r Mais si vous la piquiez d'un peu de jalousie. Seigneur, si vous brouilliez par là sa fantaisie, Son amour mal éteint ponrroit vous rappeler, Etaa gloire auroit peine à vous laisser aller.
LilOti.
-Me soupçonneriez-vous d'avoir lame assez basse l^our employer la feinte à tromper ma disgrâce? •l e suis jeune, et j'en fais trop mal ici ma cour V»our joindre à ce défaut un faux éclat d'amour
Ji;STI>K.
Ij'agréable défaut, seigneur, que la jeunesse 1 Et que (le vos jaloux riaiportunc sagesse , Toute fière qu'elle est, le voudroit raclieier l)e tout ce qu'elle croit et croira mériter! Mais si feindre en amonr à vos yeux est un crime. Portez sans feinte ailleurs votre plus tendre estime l'unissez tant d orgueil parde jusies<lt'dains, Et mettez votie cœur en de plus sûres main';.