‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 163 sur 285 · J C ST 1 > K · texte numérisé non relu

J C ST 1 > K

Xon, votre cher Aspar n'aiiue point la princesse;

Ce n'est que pour le rang que tout son coBur s'empresse;

Kt, si l'on eiil choisi mon père pour César,

J aurais déjà les vo-ux de cet illustre Aspar.

Il s'en est expliqué tantôt i.'U ma présence; Et tout ce que pour elle il a de complaisance, Tout ce qu'il lui veut taire ou craindre ou dédaijjner. Ne doit être imputé qu'à l'ardeur de régner.

Pulchérie a dos yeux qui percent le mystère.

Et le croit plus rival qu'ami -de ce cher frère; Mais comme elle balance, elle écoute aisément Tout ce qui peut d'abord flatter son scniimcnt. Voilà ce que j'en sais.

iiir.Nii.

Je ne suis poiiiL surprise Ue tout ce que d'.\spar m'apprend votre franchisf. Vous ue m'en dites rien que ce que j'en ai dit Lorsqu'à Léon tantôt j'ai dépeint .son psprit; Et j'en ai pénétré l'ambition seciijte

276 PULCHÉRIE

Jusques à pressentir Toffre qu'il vous a iaite.

Puisqu'enfin je m attache à qui ne m'aime pas. Il faut avec honneur franchir ce mauvais pas; Il faut, à son exemple, avoir ma politique, Trouver à ma disgrâce une face héroïque; Donner à ce divorce une illustre couleur, Et, sous de beaux dehors, dévorer ma douleur. Dites-moi cependant que deviendra mon frère?

D'un si parfait amour que faut-il qu'il espère?

JUSTINE

On Taime, et fortement, et bien plus qu'on ne veut; Mais, pour s'en détacher, on fait tout ce qu'on peut. Faut-il vous dire tout? On m^a commandé mém« D'essayer contre lui l'art et le stratagème.

On me devra beaucoup, si je puis l'ébranler; On me donne son cœur, si je le puis voler; Et déjà, pour essai de mon obéissance.

J'ai porté quelque attaque, et fait un peu d'avance. Vous pouvez bien juger comme il a rebuté.

Fidèle amant qu'il est, cette importunité; Mais, pour peu qu'il vous plût appuyer l'artifice ^ , Cet appui tiendroit lieu d'un signalé service.

IHÈNK.

Ce n'est point un service à prétendre de moi, Que de porter mon frère à garder mal sa foi; Et, quand à vous aimer j'aurois su le réduire. Quel fruit'son changement pourroit-il lui produire? Vous qui ne l'aimez point, pourriez-vous l'accepter?

JUSTINE

Léon ne sauroit être un homme à rejeter;

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