SCÈNE II
PULCIIÉRIE, IRÈNE, JUSTINE.
PULCHÉHIE.
Que fait ce malheureux.
Ce qu on fait dans un sort rigoui
278 PULCHÉRIE
Il soupire, il se plaint.
PULCHÉRIE
De moi?
IRÈNE
De sa fortune.
PULCHÉRIE
Est-il bien convaincu qu'elle nous est commune; Qu'ainsi que lui du sort j'accuse la rigueur?
IRÈNE
Je ne pénétre point jusqu'au fond de son cœur; Mais je sais qu'au dehors sa douleur vous respecte: Elle se tait de vous.
PULCHÉRIE
Ah! qu'elle m'est suspecte!
Un modeste reproche à ses maux siéroit bien; C'est me trop accuser que de n'en dire rien.
M'auroit-il oubliée, et déjà dans son ame EfFacé tous les traits d'une si belle flamme?
IRÈNE
C'est par là qu'il devroit soulager ses ennuis, Madame; et de ma part j'y fais ce que je puis.
PULCHÉRIE
Ah! ma flamme n'est pas à tel point affoiblie. Que je puisse endurer, Irène, qu'il m'oublie. Fais-lui, fais-lui plutôt soulager son ennui A croire que je souffre autant et plus que lui. C'est une vérité que j'ai besoin qu'il croie Pour mêler à mes maux quelque inutile joie , Si l'on peut nommer joie une triste douceur Qu'un digne amour conserve en dépit du malheur.