ACTE IV, SCÈNE H. 27g
l.'ame qui l'a saisie en est toujours cliarmùe; Et , même en n'aimant plus, il est doux d'être aimée.
JUSTINE
Vous souvient-il encor de me l'avoir donné, Madame; et Cù doux soin dont votre espiil gêné..,.
rULCHÉlUK.
Souffre un reste d'amour qui me trouble et m'accable. Je ne t'en ai point fait un don irrévocable : Mais, je te le redis, dérobe-moi ses vœux; Séduis, enlève-moi son cœur, si tu le peux.
J'ai trop mis à l'écart celui d'impératrice; Reprenons avec lui ma gloire et mon supplice : C'en est un, et bien rude, à moins que le sénat Mette d'accord ma flamiut; et le bien de l'élat.
iHKNt.
N'est-ce point avilir votre pouvoir suprême Que mendier ailleurs ce qu'il peut de lui-même?
PL'LCHKRIR.
Irène, il te faudroit les mêmes youx qu'à moi Pour voir la moindre part de ce que je prévoi. Épargne .\ mon amour la douleur de te dire A quels troubles ce choix liasarderoit l'empire : Je l'ai déjà tant dit, qut; mon esprit lassé S'en sauroit plus souffrir le portrait retracé. Ton frère a l'amc grande, intrépide, sublime; Mais d'un peu de jeimesse on lui fait un te! crime , Que, si tant de vertus n'ont que moi pour appui, En faire un empereur, c'est me perdre avec lui.
IREKE.
Quel ordre a pu du trône exclure la jeuiipfise?
28o PDLCHÉftIE.
Quel astre à nos beaux jours enchaîne la foiblesse? Les vertus , et non 1 âge, ont droit à ce haut rang; Et, n étoit le respect qu imprime votre sang, Je dirois que Léon vaudroit bien Théodose.
PULCHÉAIE.
Sans doute ; et toutefois ce n*est pas même chose.
Foible qu'étoit ce prince à régir tant d'états. Il avoit des appuis que ton frère n'a pas :
L'empire en sa personne étoit héréditaire; Sa naissance le tint d'un aïeul et d'un père; Il régna dès l'enfence, et régna sans jaloux, Estimé d'assez peu, mais obéi de tous.
Léon peut succéder aux droits de la puissance. Mais non pas au bonheur de cette obéissance; Tant ce trône, où l'amour par ma main l'auroit mis. Dans mes premiers sujets lui feroit d'ennemis!
Tout ce qu'ont vu d'illustre et la paix et la guerre, Aspire à ce grand nom de maître de la terre; Tous regardent Tempire ainsi qu'un bien commun Que chacun veut pour soi tant qu'il n'est à pas un. Pleins de leur renommée, enlQés de leurs services, Combien ce choix pour eux aura-t-il d'injustices. Si ma flamme obstinée et ses odieux soins Jj'arrétent sur celui qu'ils estiment le moins! Léon est d'un mérite à devenir leur maître; Mais, comme c'est l'amour qui m'aide à le connoître, Tout ce qui contre nous s'osera mutiner Dira que je suis seule à me Timaginer.
laÈNE.
C'est donc en vain pour lui qu'on prie et qu'on espère: