SCÈNE V
ARDARIG, OCTAR.
AilDARlC.
Pourrai-je voir la princesse à mon tour?
OCTAB.
Non, à moins qu'il vous plaise attendre son retu
36 ATTILA
Mais, à ce que ses gens, seigneur, m'ont fait entendre Vous n'avez en ce lieu qu'un moment à l'attendre.
ABDARIC.
Dites-moi cependant : Vous fûtes prisonnier
Du roi des Francs, son frère, en ce combat dernier?
OCTAR.
Le désordre, seigneur, des champs catalauniques
Me donna peu de part aux disgrâces publiques.
Si j'y fus prisonnier de ce roi généreux.
Il me fit dans sa cour un sort assez heureux:
Ma prison y fut libre; et j'y trouvai sans cesse
Une bonté si rare au cœur de la princesse,
Que de retour ici je pense lui devoii*
liCS plus sacrés respects qu'un sujet puisse avoir.
ARDARIC.
Qu'un monarque est heureux lorsque le ciel lui donne La main d'une si belle et si rare personne!
OCTAR.
Vous savez toutefois qu'Attila ne l'est pas,
Et combien son trop d'heur lui cause d'embari<as.
ARDARIC
Ah! puisqu'il a des yeux, sans doute il la préfère. Mais vous vous louez fort aussi du roi son frère; Ne me déguisez rien. A-t-il dés qualités A se faire admirer ainsi de tous côtés?
Est-ce une vérité que ce que j'entends dire.
Ou si c'est sans raison que l'univers l'admire?
OCTA.R.
Je ne sais pas, seigneur, ce qu'on vous en a dit; Mais si pour l'admirer ce que j'ai vu suffit,