‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 197 sur 285 · EURYDICE, SURÉNA · texte numérisé non relu

EURYDICE, SURÉNA

Je VOUS ai (ait prier de ne me plus revoir.

Seigneur: votre présence étonne mon devoir;

Et ce qui de mon cœur fit toutes les délices,

Ne sauroit plus m'ofiFnr que de nouveaux supplices.

Osez-vous l'ignorer? et lorsque je vous voi.

S'il me faut trop souffrir, soufiFrez-vous moins que moi

Souffrons-nous moins tous deux pour soupirer enseml

Allez, contentez-vous d'avoir vu que j'en tremble;

Et du moins par pitié d'un triomphe douteux.

Ne me hasardez plus à des soupirs honteux.

Je sais ce qu'à mon cœur coûtera votre vue;

Mais qui cherche à mourir doit chercher ce qui tue.

Madame, l'heure approche, et demain votre foi

Vous fait de m'oublier une étemelle loi ;

Je n'ai plus que ce jour, que ce moment de vie :

Pardonnez à l'amour qui vous le sacrifie,

Et soufirez qu'un soupir exhale à vos genoux,.

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