ACTE I[[, SCÈNE I
Ses yeux, mes souverains, à qui tout est soumis, Me sauroieut du» coup d'œil faire trop d'ennemis. Pour en sauver mon cœur prends une autre manière : Fais-m'en haïr, peins-moi d'une humeur noire etfiére; Dis-lui que j'aime ailleurs; et fais-lui prévenir La gloire qu'Honorie est prête d'obtenir.
Fais qu'elle me dédaigne, et me préfère un autre Qui n'ait pour toutpouvoir qu'un fuible emprunt du nôtre, Ardaric, Valamir, ne m'importe des deux.
Mais voir en d'autres bras l'objet de tous mes vœux! Vouloir qu'à mes yeux même un autre la possède! Ah ! le mal est encor plus doux que le remède. Dis-lui, feis-lui savoir...
OCTAB.
Quoi, seigneur?
ATTILA
Je ne sai :
Tout ce que j'imagine est d'un fàclieux essai.
OCTAR.
A quand remettez-vous, après tout, d'en résoudre?
ATTILA
Octar, je l'aperçois. Quel nouveau coup de foudre! O raison confondue , orgueil presque étouffé , Avant ce coup fatal que n as-tu tiiomphè !