‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 25 sur 285 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

ÏLD10^E, ATTILA, OCTAll.

Venir jusqu'en ma tente eulever mes hommages,

48 ATTILA

Madame, c est trop loin pousser vos avantages;

Ne vous suffit-il point que le cœur soit à vous?

ILDIONE

C'est de quoi faire naître un espoir assez doux. Ce n'est pas toutefois, seigneur, ce qui m'amène; Ce sont des nouveautés dont j'ai lieu d'être en peine. Votre garde est doublée, et par un ordre exprès Je vois ici deux rois observés de fort près.

ATTILA

Prenez-vous intérêt ou pour l'un ou pour l'autre?

ILDIONE

Mon intérêt, seigneur, c'est d'avoir part au vôtre. J'ai droit en vos périls de m'en mettre en souci; Et de plus, je me trompe, ou l'on m'observe aussi. Vous serois-je suspecte? Et de quoi?

ATTILA

D'être aimée:

Madame, vos attraits, dont j'ai Tame charmée. Si j'en crois l'apparence, ont blessé plus d'un roi; D'autres ont un cœur tendre et des yeux, comme moi; Et pour vous et pour moi j'en préviens l'insolence, Qui pourroit sur vous-même user de violence.

ILDIONE

II en est des moyens plus doux et plus aisés. Si je vous charme autant que vous m'en accusez.

Ail! vous me charmez trop, moi,. de quiTame altière Cherche à voir sous mes pas trembler la terre entière: Moi, qui veux pouvoir tout, sitôt que je vous voi. Malgré tout cet orgueil , je ne puis rien sur moi.

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