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Je te Tavois bien dit , que mon ame incertaine
De tous les deux côtés attendoit même gène,
Flavie; et de deux maux qu'on craint également .
Celui qui nous arrive est toujours le plus grand,
Celui que nous sentons devient le plus sensible.
D'un choix si glorieux la hontç est trop visible;
Udione a su Fart de m'en faire un malheur :
La gloire en est pour elle, et pour moi la douleio*;
Elle garde pour soi tout TefiFet du mérite ,
Et me livre avec joie aux ennuis qu elle évite.
Vois avec quelle insulte et de quelle hauteur
Son refus en mes mains rejette un si^rand cœur^
Cependant que ravie elle assure à son ame
La douceur d'être toute à l'objet de sa flamme;
Car je ne doute point qu'elle n'ait de l'amour.
Ardaric qui s'attache à la voir chaque jour ,
Les respects qu'il lui rend, et les soins qu'il se donne....
FLAVIE
J'ose vous dire plus, Attila l'en soupçonne:
Il est fier et colère; et s'il sait une fois
Qu'Ildione en secret Thonore de son choix,
Qu' Ardaric ait sur elle osé jeter la vue ,
Et briguer cette foi qu'à lui seul il croit due,
Je crains qu'un tel espoir, au Ueu de s'affermir...
HONOfilE.
Que n'ai-je donc mieux tû que j'aimoi;» YAlsanir.i
Mais quand on est bravée ; et qu'on perd ce qu'on iiime,
Flavie , est-on si tôt maîtresse de ^i-méme?
ACïr: IV, SCÈKE ll. 63
D'Attila, s'il se peut, tournons l' emportement Ou contre ma rivale, ou contre son amantj Accablons leur amour sous ce que j'appréhende; Promettons à ce prix la main qu'on nous demande; Et faisons que l'ardeur de recevoir ma foi L'empêche d'être ici plus heureuse que moi.
Renversons leur triomphe. Étrange frénésie!
Sans aimer Ardaric j'en conçois jalousie t Mais je me venge, et suis, en ce juste projet. Jalouse du bonheur, et non pas de l'objet.
FLAVIE
Attila vient, madame.
HONORIE.
Eh bien! faisons connoître Que le sang des Césars ne souffre point de maitre. Et peut bien refuser de pleine autorité Ce qu'une autre refuse avec témérité,