‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 35 sur 285 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Je mériie IbouDeur de vous mettre en iuod rang?

HONOHIE.

ïïe peut-oa se venger à moins i[u' on assassine? Je ne veux point sa mort, ni même sa mine; Il est des châtiments plus justes et plus doux, Qui l'empêcheroient mieux de triompher de nous. Je dis de nous, seigneur, car l'offense est commune, Et ce que vous m'oFFrez des deux n'en feioit qu'une. Ildione, pour prix de son manque de foi, Dispose arrogamment et de vous et de moi!

Pour prix de la hauteur dont elle m'a bravée, A soo heureux amant sa main est réservée.

Avec qui, satisfaite, elle fjoûte l'appas De m'ôterce que j'aime, et me mettre en vos bras!

ATTILA

Quel est-il cet amant?

Ignorez- vous encore Qu'elle adore Ardaric, et qu'Ardaric 1 adore?

ATTILA

Qu'on m'amène Aidaric. Mais dOqui savez-vous....

UtlNOllIK.

C'est une vision de mes soupçons jaloux ; J'en suis mal éclaircie, et votre orgueil l'avoue, Et quand elle me brave, et quand elle vous joue; Même, s'il faut vous croire, on ne vous sert pas mal Alors qu'on vous dédaigne eu faveur d'un rival.

ATTILA

D' Ardaric et de moi telle est la différence,

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Qu elle en punit assez la folle préférence.

HONGRIE

Quoi! s'il peut moins que Vous, ne lui volez-vous pas

Ce pouvoir usurpé sur ses propres soldats?

Un véritable roi qu'opprime un sort contraire,

Tout opprimé qu'il est, garde son caractère;

Ce nom lui reste entier sous les plus dures lois:

Il est dans les fers même égal aux plus grands rois;

Et la main d'Ardaric suffit à ma rivale

Pour lui donner plein droit de me traiter d'égale.

Si vous voulez punir l'affront qu'elle nous fait,

Réduisez-la, seigneur, à l'hymen d'un sujet;

Ne cherchez point* pour elle une plus dure peine

Que de voir votre femme être sa souveraine;

Et je pourrai moi-même alors vous demander

Le droit de m'en servir et de lui commander.

ATTILA

Madame, je saurai lui trouver un supplice :

Agréez cependant pour vous même justice ; Et s'il faut un sujet à qui dédaigne un roi , Choisissez dans unelieure, ou d'Octar, ou de moi.

HONORIE.

D'Octar, ou....

ATTILA

Les grands cœurs parlent avec frandiise C'est une vérité que vous m'avez apprise :

Songez donc sans murmure à cet illustre choix, Et remerciez-moi de suivre ainsi vos lois.

HONORIS

Me proposer Octar!

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