‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 36 sur 285 · ACTE IV, SCÈNE HI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE HI

ATTILA

Qu'y trouvez-vous à dire?

Seroit-il à vos yeux indijjnc de l'empire?

S'il est né sans couronne et n'eut jamais d'états, On monte à ce grand trône encor d'un lieu plus bas. On a vu des Césars, et même des plus braves.

Qui aortoient d'artisans , de bandouliers , d'esclaves : Le temps et leurs vertus les ont rendus fameux'; Et notre cher Octar a des vertus comme eux.

HONOniE.

Va, ne rae tourne point Octar en ridicule;

Ma gloire pourroit bien l'accepter sans scrupule,

Tyran, et tu devrois du moins te souvenir

Que, s'il n'en est pas digne, il peut le devenir.

Au défaut d un beau sang, il est de grantls services.

Il est des vœux soumis , il est des sacrifices ,

Il est de glorieux et surprenants effets,

Des vertus de héros, et même des forfaits.

L'exemple y peut beaucoup. Instruit par tes maximes.

Il s'est fait de ton ordre une habitude aux crimes :

Comme ta créature, il doit te ressembler.

Quand je l'enhardirai, commence de trembler:

Ta vie est en mes mains dès qu'il voudra rae plaire ;

Et rien n'est sur pour toi, si je veux qu'il espère.

Ton rival entre, adieu : délibère avec lui

Si ce cher Octar m'aime, ou sera ton appui.

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