‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 37 sur 285 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ATTILA, ARDARIC.

ATTILA

Seigneur, sur ce grand choix je cesse d'être en peine; J'épouse dès ce soir la princesse romaine.

Et n'ai plus qu'à prévoir à qui plus sûrement Je puis confier l'autre et son ressentiment.

Le roi des Bourguignons, par ambassade expresse, Pour Sigismond^ son fils, vouloit cette princesse; Mais nos ambassadeurs furent mieux écoutés.

Pourroit-il nous donner toutes nos sûretés?

ARDARIC.

Son état sert de borne à ceux de Mérouée; La partie entre eux deux seroit bientôt nouée; Et vous verriez armer d'une pareille ardeur Un mari pour sa femme , un frère pour sa sœur : L'union en seroit trop facile et trop grande.

ATTILA

Celui des Visigoths faisoit même demande.

Comme de Mérouée il est plus écarté,

Leur union auroit moins de facilité :

Le Bourguignon d'ailleurs sépare leurs provinces,

Et serviroit pour nous de barre à ces deux princes.

ARDARIC

Oui, mais bientôt lui-même entre eux deux écrasé Leur feroit à se joindre un chemin trop aisé; Et ces deux rois par là maîtres de la contrée,

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