GARDES
ATTILA
Rois, amis d'Attila, soutiens de ma puissance, Qui rangez tant d'états sous mon obéissance, Et de qui les conseils, le grand cœur et la main Me rendent formidable à tout le genre humain,'' - Vous voyez en mon camp les éclatantes marques Que de ce vaste effroi nous donnent deux monarques. En Gaule Mérouée, à Rome Tempereur, Ont cru par mon hymen éviter ma fureur.
La paix avec fx>us deux en même temps traitée Se trouve avec tous deux à ce prix arrêtée; Et presque sur les pas de mes ambassadeurs Les leurs m'ont amené deux princesses leurs soeurs. Le choix m'en embarrasse, il est temps de le faire; Depuis leur arrivée en vain je le diffère; Il faut enfin résoudre; et, quel que soit ce choix, J'offense un empereur, ou le plus grand des rois. Je le dis le plus grand, non qu^encor la victoire Ait porté Mérouée à ce comble de gloire; Mais , si de nos devins l'oracle n'est point faux, Sa grandem* doit atteindre aux degrés les plus hautd^ Et de ses successeurs l'empire inébranlable Sera de siècle en siècle enfin si redoutable. Qu'un jour toute la terre en recevra des lois,