‹ Œuvres de P. Corneille: avec le commentaire de Voltaire et les jugments de La HarpeChapitre 4 sur 285 · GARDES · texte numérisé non relu

GARDES

ATTILA

Rois, amis d'Attila, soutiens de ma puissance, Qui rangez tant d'états sous mon obéissance, Et de qui les conseils, le grand cœur et la main Me rendent formidable à tout le genre humain,'' - Vous voyez en mon camp les éclatantes marques Que de ce vaste effroi nous donnent deux monarques. En Gaule Mérouée, à Rome Tempereur, Ont cru par mon hymen éviter ma fureur.

La paix avec fx>us deux en même temps traitée Se trouve avec tous deux à ce prix arrêtée; Et presque sur les pas de mes ambassadeurs Les leurs m'ont amené deux princesses leurs soeurs. Le choix m'en embarrasse, il est temps de le faire; Depuis leur arrivée en vain je le diffère; Il faut enfin résoudre; et, quel que soit ce choix, J'offense un empereur, ou le plus grand des rois. Je le dis le plus grand, non qu^encor la victoire Ait porté Mérouée à ce comble de gloire; Mais , si de nos devins l'oracle n'est point faux, Sa grandem* doit atteindre aux degrés les plus hautd^ Et de ses successeurs l'empire inébranlable Sera de siècle en siècle enfin si redoutable. Qu'un jour toute la terre en recevra des lois,

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