ILDIONE, ATTILA, HONGRIE, VALAMIR
ARDARIC, OCTAR.
ATTILA, à Ildione, Où venez-vous , madame, et qui vous enhardit A vouloir voir ma mort qu'ici l'on me prédit? Venez-vous de deux rois soutenir la querelle, Vous révolter comme eux, me foudroyer comme elle, Ou mendier Tappui de mon juste courroux Contre votre Ardaric qui ne veut plus de vous?
Il n'en mériteroit ni Tamour ni l'estime,
S'il osoit espérer m'acquérii* par un crime.
D'un si juste refus j'ai de quoi me louer,
Et ne viens pas ici pour l'en désavouer.
Non, seigneur; c'est du mien que j'y viens me dédire,
Rendre à mes yeux sur vous leur souverain empire.
Rattacher, réunir votre vouloir au mien,
Et reprendre un pouvoir dont vous n'usez pas bien.
Seigneur, est-ce là donc cette reconnoissance Si hautement promise à mon obéissance?
J'ai quitté tous les miens sous l'espoir d'être à vous; Par votre ordre mon cœur quitte un espoir si doux; Je me réduis au choix qu'il vous a plu me faire. Et votre ordre le met hors d'état de me plaire ! Mon respect qui me livre aux vœux d un autre roi IN 'y voit pour lui qu'opprobre, et que honte pour moi!