ACTE I, SCÈNE III. i
Tâter jusqu'en ce cœur les tendresses de frère. Si vous ne l'emportez, il pourra s'éliranier. S'il ne rompt cet hymen, il pourra reculer:
Je me trompe, ou son ame y penche d elle-même. S'il s'émeut, redoublez, dites que l'on vous aime, Dites qu un pur respect contraint avec ennui Une aine toute à vous k se donner à lui.
S'il se trouble, achevez, parlez de liérénice, De tant d'amour qu'il traite avec tant d'injustice. Pour lui donner le temps de venir au secours , Nous aurons quatre mois au lieu de quatre jours.
DOMITIAN
Mais j'aime Domitie; et lui parler contre elle C est me mt'ttre au hasard d'irriter l'infidèle. Ne me condamne point, Albin, à la traliir, A joindre à ses mépris le droit de jue haïr:
En vain je veux contre elle écouter ma colère; Tout ingrate qu'elle est, je tremble à lui déplaire.
ALBIN
Seigneur, quelle mesure avcz-vous à garder?
Quand on voit tout perdu , craint-on de hasarder? Et si l'ambition vers un autre l'entraine, Que vous peut importer son ainour ou sa haine?
DOMIllAN.
Qu'un salutaire avis fait une douce loi
A qui peut avoir lame aussi libre que tni !
Mais celle d'un amant n'est pas comme une autre ame;
Il ne voit, il n'entend, il ne croit que sa flamme;
Du plus puissant remède il se fait un poison.
Et la raison pour lui n'est pas toujours raison.
ii6 TITE ET BÉRÉNICE.
ALBIN
Et si je vous disois que déjà Bérénice Est dans Rome, inconnue, et par mon artifice; Qu'elle surprendra Tite, et qu elle y vient exprès Pour de ce grand hymen renverser les apprêts?
DOMITIAN
Albin, seroit-il vrai?
ALBIN
La nouvelle vous flatte :
Peut-être est-elle fausse; attendez qu elle éclate; Sur-tout à Fempereur déguisez4a si bien...
DOMITIAN
Va, je lui parlerai comme n en sachant rien.
FIN DU PREMIER ACTE