TITE, FLAVIAN
QqoÏ! des ambassadeurs (pie Bérénice envoie Viennent ici, dis-tu, me témoigner sa joie, M'apporter son hommage , et me féliciter Sur ce comble de {jloiie oîi je viens de monter?
En attendant votre ordri; ils sont au port dOstie.
Ainsi, grâces aux dieux, sa flamme est amortie; Et de pareils devoirs sont pour moi des froideurs, Puisqu'elle s'en rapporte à ses ambassadeurs. Jusqu'après mon hymen remettons leui' venue; J'aorois trop à rougir si j'y souffrois leur vue. Et recevois les yeux de ses propres sujets Pour envieux témoins du vol que je lui faii.
Car mon cœur fut son bien à cette belle reine, Et pourroit l'être encor, malgré Rome et sa haine. Si ce divin objet, qui fut tout mon dosir, Par quelques doux regards s'en venoit ressaisir. Mais du haut de son trône elle aime mieux me
ii8 TITE ET BÉRÉNICE.
Ces froideurs que pour elle on me força de prendre. Peut-être, en c6 iDonient que toute ma raison Ne saurait sans désordre entendre son beau nom, Entre les bras d'un autre un autre amour la livre; Elle suit mou exemple , et se platt à le suivre; Et ne m'envoie ici traiter de souveraiu Que pour braver l'amant qu'elle charmoit en vain.
FLAVIAN
Si vous la revoyiez , je plaindrois Domitie.
TITE
Contre tous ses attraits ma raison endurcie Feroit de Domitie encor la sûreté; Mais mon cœur aaroit peu de cette dureté.
N'aurois-tu point appris qu'elle fût infidèle , Qu'elle écoutât les rois qui soupirent pour elle** Dis-moi que Polémon régne dans son esprit, J'en aurai du chagrin, j'en aurai du dépit, D'une vive douleur j'en aurai l'ame atteinte; Mais j'épouserai l'autre avec moins de contrainte: Car enfin elle est belle, et digne de ma foi ; Elle auroit tout mon cœur, s'il étoit tout à moi. La noblesse du sang, la grandeur du courage, Font avec son mérite un illustre C'est le choix de mon père; et je coanois tnçfa Qu'à choisir en César ce doit être le mien.
Mais tout mon cœur renonce à lui faire jui Dès que mon souvenir lui rend sii Bérénices
FL4VIAN
Si de tels souvenirs vous sont encor si L hyménée a, seigneur, peu de chai