SCÈNE III
BÉRÉNICE, DOMITIE, PHILON.
BÉRÉNICE
Les intérêts du prince avancent trop le mien Pour vous oser, madame, importuner de rien; Et Fincivilité de la moindre prière Sembleroit vous presser de me rendre son frère. Tout ce qu'en sa faveur je crois m'être permis, Après qu'à votre cœur lui-même il s'est remis. C'est de vous faire voir ce que hasarde une ame Qui sacrifie au rang les douceurs de sa flanune, Et quel long repentir suit ces nobles ardeurs Qui soumettent l'amour à l'éclat des grandeurs.
DOMITlE.
Quand les choses, madame, auront changé de face,
Je reviendrai savoir ce qu'il faut que je fasse.
Et demander votre ordre avec empressement
Sur le choix ou du prince ou de quelque autre amant.
Agréez cependant un respect qui m'amène
Vous rendre mes devoirs comme à ma souveraine;
Car je n'ose douter que déjà l'empereur
Ne vous ait redonné bonne part en son cœur.
Vous avez sur vos rois pris ce digne avantage
D'être ici la première à rendre un juste hommage ;
Et, pour vous imiter, je veux avoir le bien '