‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 140 sur 292 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SOPHONISBE, ÉRYXE, HERMINIE, BARCÉE.

SOFHOOIISBS»: , i

Une troisième fois mon sort change de face. Madame, et c'est mon tour de vous quitter la place. Je ne m'en défends point, et, quel que soît le prix De ce rare trésor que je vous avois pris. Quelques marques d'amour que ce héros m'envoie, Ce que j'en eus pour lui vous le repd avec joie. Vous le conserverez plus dignement que moi.

Madame , pour le moin^ j'ai 3U. garder ma foi ;

Et ce quje mon espoir en a t^çu d'outrage . ^

N'a pu jusqu'à la plainte emporter mton couragp.

* Celte scène parait ach^Tessoiia dé totifes les précédentes , par la raison même qu'elle deyai^ ^tre touchante. Une femme à qui son mari envoie du poi»on , et qui en fait confidence à sa rivale, semble devoir produire quelques grands mouvtmens , quelque changement surprenant de fortune , quelque catastrophe; mais cette confidence» faite froidement , et reçue de même , ne produit qu'un vers de comédie: \. ' ■

Que voulez-vous , madaipe? il faut sjen consoler.

Les expressions les plus simples dans de grands malheofs «ont souvent les plus nobles et les plus touchantes ; mais nous avons déjà remarqué combien il faut craindre , en cherchant le simple , de tomber d^ns le cbmîque et dans le bas.

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