‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 148 sur 292 · ACTE V, SCÈNE VIIL àS · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIIL àS

<( Vient de fermer là porte k tout votre ârtifioéi

(r Dites à Scipioii qu'il peut dès ce ihoment « Chercher à son triomphe un plus i^re omementi (( Pour voir de deux grands rois la lâcheté punie > c( J'ai dû livrer leur femme à cette ignominie } (( C'est ce que méritoit leut* amour conjugal i (( Mais j'en ai dû sauver la fille d'ÂsdmibaL (( Leur bassesse aujourd'hui de tous dent me dégagé ^ (( Et n'étant plus qu'à moi , je meui*s toute à Carthage t « Digne sang d'un tel père, et digne de régner ^ « Si la rigueur du sort eût voulu m'épargner! » .

A ces mots, la sueur lui montant au visage^ Les sanglots de sa voix saisissent le passage ; Une morte pâleur s'empare de son front; Son orgueil s'applaudit d'un remède sî prompt i De sa haine aux abois la fierté se redouble; Elle meurt à mes yeux^ mais elle meurt sans trouble^ Et soutient en mourant la pompe d'un courroux Qui semble moins mourir que triompher de nous* '

ERYXE.

Le dirai^je , seigneur? je la plains et Tadmire» Une telle fierté méritoit un empire; .

Et j'aurois en sa place eu niéme aversion. De me voir attachée au fehar de Scipion*

^ La ponipe <i*un ùourroitx qui semble moina mourir que inotH» pherl On Voit assez que c'esf là de l'enflure dépounrae du mot propre, et qu'an courroux n'est pas pompeux. Éryxe répond Avec noblesse et avec convenance. XL eût été à désii^r que la pièce finit par ce discours d'Éryxe , ou que Laelius eût mieux parlé ; car qu'importe qu'on aille voir Scipion et Maaainiaae ?

Vllï* 17

25S SOPHONISBE

La fortune |alouse et Famour infidèle

Ne hii laissoient ici que son grand coeur pour elle:

Il a pris le dessus de toutes leurs rigueurs ,

Et son dernier soupir fait honte à ses vainqueurs.

L£LIUS.

Je dirai plus, madame, en dépit de sa haine, Une telle fierté devoit naître romaine.

Mais allons consoler un prince généreux. Que sa seule imprudence a rendu malheureux. Allons voir Scipion, allons voir Massinisse. Souffrez qu en sa faveur le temps vous adoucisse; Et préparez votre âme à le moins dédaigner, Lorsque vous aurez vu comme il saura régner.

En l'état où je suis , je fais ce qu'on m'ordonne. Mais ne disposez point, seigneur, de ma personne; Et si de ce héros les désirs inconstants....

L£LIUS.

Madame , encore un coup, laissons-en faire au temps. '

' Madame , encore on coop , laissons-en faire an temps ,

n'est pas une fin heureuse. Les meilleures sont celles qui laissent dans rame du spectateur quelque iàée sublime , quelque maxime vertueuse et importante , convenable ai^ sujet .* mais tous les sujets n'en sont pas susceptibles.

On n'a point remarqué tous les défauts dans les détails , qae le lecteur remarque assez. La pièce en est pleine. Elle est très froide , très mal conçue et très mal écrite.

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