ACTE I, SCÈNE III. 4î
Je vous donne encor plus en ne l'aclievant pas.
Si je réduis Pompée à chasser Emilie y Peut-il , Sylla régnant , regarder l'Italie ? '
Ira-t-il 3e livrer à son juste courroux ? Non ^ non ; si je le g£^e , il faut qu il vienne à vous» Ainsi par mon hymen vous avez assurance Que mille vrais Romains prendront votre défense : Mais si j'en romps l'accord pour lui rendre mes vœuï. Vous aurez ces Romains^ et Pompée avec eux ; Vous aurez ces amis par ce nouveau divorce ; Vous aurez du tyran la principale force. Son armée , ou du moins ses plus braves soldats, Qui de leur général voudront suivre les pas ; Vous marcherez vers Rome à communes enseignes* Il sera temps alors, Sylla, que tu me craignes. Tremble , et crois voir bientôt trébucher ta fierté. Si je puis t'enlever ce que tu m'as ôté. Pour faire de Pompée un gendre de ta femme, Tu l'as fait un parjure , un méchant , un infâme : ' Mais s'il me laisse encor quelques droits sur son cœtir. Il reprendra sa foi, sa vertu, son honneur; Pour rentrer dans mes fers il brisera tes chaînes ; Et nous t'accablerons sous nos communes haines. J'abuse trop, seigneur, d'un précieux loisir : Voilà vos intérêts; c'est à vous de choisir. Si votre jimour trop prompt veut borner sa conquête. Je vous le dis encor, ma main est toute prête. *
^ On ne doit jamais donner le nom d'infâme à Pompée ; et surtout Aristie y qui Taime encore , ne doit point le nommer ainsi. ^ L'amour de Sertorins n'est ni prompt ni lent ; car en effet il n'en
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Je vous laisse y penser: surtout soovenesMrotiSi Que ma gloire en ces lieux me demande «m époul: ; Qu'elle ne peut souffrir que ma fuite m'y range , En captive de guerre , au përîl d'un échange , Qu'elle veut un grand homme à recevoir ma foi ; ' Qu'après vous et Pompée , il n'en est point pour moi; Etque**..
SEKTORIi;S«
Vous le verrez , et saurez sa pensée.
ARISTIE
Adieu, seigneur : j'y suis la plus intéressée. Et j'y vais préparer mon reste de pouvoir. *
Moi, je vais donner ordre à le bien recevoir. ^
a point da tout , quoiqu'il ait dit qu'il est amoureux , pour être au ton du théâtre. H faut avouer que les anciens Romains auraient été bien étonnéa d'entendre reprocher à Sertoriua un amour trop prompt.
1 Ce vers n'est pas français , c'est un barbarisme : on dit bien , H est homme à recevoir sa foi; et encore ce n'est que dans le style familier. Tl y a dans Pofyeucte, vous n'êlea pas homme à la violenter; mais un grand homme à faire quelque chose ne peut se dire. Souvenez^vous qu'elle veut un grand homma est beau , mais un grand homme à recevoir une foi ne forme point un sens ; vouloir à est encore plus vicieux.
* On ne prépare point un pouvoir. Elle veut dire qu'elle va se préparer à regagner Pompée , ce qui n'est pas bien flatteur pour Sertorius.
^ C'est ainsi qu'on pourrait finir une scène de comédie. Bien n'est plus difficile que de terminer heureusement une scène de politique.