‹ Œuvres de P. Corneille, avec les commentaires de VoltaireChapitre 152 sur 292 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

ALBIN

Ainsi tout votre amour n^est qu'une politique ?

Et le cœur jae sent point ce que la bouche explique ?

OTHON-

Il ne le sentit pas ^ Albin ^ du premier jour;

Mais cette politique est devenue amour;

Tout m'en plait, tout m'en charme, et mes premiers scrupules

Près d'un si cher objet passent pour ridicules.

Vinius est consul, Vinius est puissant;

Il a de la naissance , et s'il est agissant.

S'il suit des favoris la pente trop commune ,

Plautine hait en lui ces soins de sa fortune ;

Son cœur est noble et grand.

ALBIN

Quoi qu'elle ait de vertu.

Vous devriez dans l'âme être un peu combattu. La nièce de Galba pour dot aura Fempire , Et vaut bien que pour elle à ce prix on soupire : Son oncle doit bientôt lui choisir un- ëpoux. Le mérite et le sang font un éclat eh vous , Qui pour y joindre encor celui du diadème....

OTHON

Quand mon cœur se pourroit soustraire à ce que j'aime. Et que pour moi Camille auroit tant de bonté Que je dusse espérer de m'en voir écouté ; Si, comme tu le dis, sa main doit faire un maître , Aucun de nos tyrans n'est encor las de l'être ; Et ce seroit tous trois les attirer sur moi. Qu'aspirer sans leur ordre à recevoir sa foi. Surtout de Vinius le sensible courage

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