SCENE PREMIERE.' OTHON, PLAUTINE
PtAUTlNE.
Que voulez-vous, seigneur, qu enfin je vous conseille? Je sens un trouble égal d'une douleur pareille; Et mon cœur tout à vous n'est pas assez à soi Pour trouver un remède aux maux que je prévoi. Je ne sais que pleurer , je ne sais que vous plaindre. Le seul choix de Pison nous donne tout à craindre. Mon père vous a dit qu'il ne laisse à tous trois Que l'espoir de mourir ensemble à notre choix; Et nous craignons de plus une amante irritée D'une ofiFre en moins d'un jour reçue et rétractée. D'un hommage où la suite a si peu répondu. Et d'un trône qu'en vain pour vous elle a perdu.
' Celle scène pourrait faire quelque effet , si Otlion était vérita* blement en danger; mais cette crainte prématurée que Pison ne le fasse mourir un jour , n'a rien de réel , comme on l'a déjà remarqué. Tout l'édifice de la pièce tombe par cette seule raison ; et je crois que c'est une loi qui ne souffre aucune exception , que jamais un danger éloigné ne doit faire le nœud d'une tragédie.