ACTE IV, SCÈNE
Pour vous avec ce trône elle ëtoit adorable; Pour vous elle y renonce > et n'a plus rien d'aimable. Où ne portera point u,n si juste courroux ' La honte de se voir sans l'empire et sans vous? Honte ^'/aulantplus.grande, et d'autant plus sensible^ Qu elle s'y promettoit xm retour infaillible , Et que sa itoain. par vous eroyoit tôt regagner Ce que son cœur pour vous paroissoit dédaigner!
OTHON
Je n'ai donc qu'à mourir. Je l'ai voulu , madame, Quaudiji^ lai pu saiis crime, en faveur de ma flamme; Et je le dois vouloir, cpiand votre arrêt cruel Pour mourir justement m'a rendu criminel. Vous m'avez commandé de m'offrir à Camille ; Grâces à nos malheurs ce crime est inutile. Je mourrai tout à vous; etîsi pour obéir J'ai para mal aimer, j'ai seniblé vous trahir, Ma main , par ce même ordre à vos yeUx -enhardie , Lavera dans mon sang ma fausse perfidie. N'enviez pas, madame , à mon sort inhumain La gloire de finir du moins en vrai Romain , Après qu'il vous a plu de me rendre incapable Des douceurs de mourir en amatit véritable.
PLAUTINE-
Bien loin d'en condamner la noble passion, J'y veux borner ma joie et mon ambition. Pour de moindres malheurs on renonce à la vie. Soyez sûr de ma part de l'exemple d'Arrie; J'ai la main aussi ferme et le cœur aussi grand, Et quand il le faudra ^ je sais comme, on s'y prend.
334 OTHON
Si vous daigniez ^ seigneur^ jusque-là tous coiitraindre , Peut-être espérerois^je en Toyant tout à craindre. Camille est irritée et se peut apaiser.
OTHOBT.
Me condamneneK^YOUs^ madame, à l'épouser?