SCÈNE IL GALBA, CAMILLE, VINIUS, LACUS, ALBIANE
GALBA
Eh bien I quelles nouvelles?
Qu'apprenez-vous tous deux du camp de nos rebelles?
VlNItJS.
Que ceux de la marine et les Illyriens
Se sont avec chaleur joints aux prétoriens^ '
■ Après tous les manirais iren préoédens que lions n'aVons point teptÎB , nous ne dirons rien des soldats de la marine et des lHyrîens qni se êonl avec chaleur Joints aux prétoriens : mais nons remapquerons que cette scène ponVait être -aussi belle que celle d'Angoste ^ de Cinna et de Maxime , et qu'eUe nfest qu'une scène froide de comédie. Pourquoi? c'est qu'elle est écrite de ce stjrle familier, las, VIII. 23
Et que des bords du Nil les'troupes rappelées
Seules par leurs fureurs oe sont point ébranlées.
LACUS
Tous ces mutins ne sont que de simples soldats ;
Aucun des cheft ne trempe en leurs vains attentats;
Ainsi ne craignez rien d'une masse d'armée
Où déjà la discorde est peut-être allumée.
Sitôt qu'on y saura que le peuple à grands cris
Veut que de ces complots les auteurs soient proscrits,
Que du perfide Othon il demande la tête,
La consternation calmera la tempête ;
Et vous n'avez, seigneur, qu'à vous y faire voir
obscur, incorrect, auquel Corneille s'était accoutumé; c'est qu'il n'y a ni noblesse dans les sentimens , ni éloquence dans les discours, ni rien qui attache.
On a dit quelquefois que Corneille ne cber^chait pas à faire de beanx vers ; que la grandeur des sentimens l'occupait tout entier : mais il n'y a nidle grandeur dans aucune de ses dernières pièces; et quant aux vers , il faut les faire ezcellens , ou ne se point mêler d'écrire. Cinna ne passe à la postérité qu'à cause de ses beaux vers ; ils sont dans la bouche de tous les connaisseurs. Le grand mérite de Corneille est d'avoir fait de très beanx vers dans sea premières pièces; c'est4dire d'avoir exprimé de très belles pensées en vers corrects et harmonieux.
Galba dit , Eh bien / guelfes nouvelles ? Cet empereur , an lieu d'agir comme iUe doit , demande c9 qui se passe , comme un nouvelliste. Vinius lui donne le conseil de persister à ne rien faire; conseil visiblement ridicule. Il lui dit : Un salutaire avis a^it avec ienUur, Ce n'qstpas certainement dans le moment d'une crise apsai forte» quand ou proclame un autre empereur, que la lenteur est salutaire. Galba ne sait à quoi se détermine];, et ^e contente de faire remarquer, à s^, nièce qu'il est triste dm régner quand les miniatres.d'é|Ut se conirarient.