ACTE V, SCÈNE IL 3S
Pour rendre d'un coup d'œil chacun à sôtt devoir, '
GAL6A. • ''t' ^ ''•• ' •
Irons-nous I ViniuB, hâter par ma présence ' ' L'efifet d*une si douce et si juste espérance ?
VINIUS.
Ne hasardez^ seigneur, que dans l'extrémité ' ' -^^ ' Le redoutable effet de votre autorité* • • i
Alors cjuil néussit, tout fait jour, tout lui cède} ' ' - Mais aussi quand il manque, il n'est pltls dérèmèdè* ' Il faut pour déployer le souverain pouvoir, ' Sûreté toute entière , ou profond désespoir ^ ' Et nous ne sommes pas, seigneur, à ne rien feindre, En état d'oser tout, non plus que de tout crkirtdre Si l'on court au grand crime avec avidité ','■'' ' Laisse25-*en ralentir l'impétuosité , ' ' '
D'elle-même elle avorte, et la peur des iuppliceis ' Arme contre le chef ses plus zélés complices. Un salutaire avis agit avec lenteur. * - .
LACUS".' ■ " • "
Un véritable prince agit aveè hauteur.
Et je ne conçois point cet avis Salutaire * ' '
Quand on couronne Othôn de le régarder fiiire.
Si l'on court au grand crime avec aVidîté ,
Il en faut réprimer l'impétuosité • • :
Avant que les esprits qu*un juste effroi balattéé^- ' *
S'y puissent enhardir sur notre nonchalance ,
Et prennent le dessus de ces conseils prudentà, ' •
Dont on cherche l'efiet quand il n'en est plus téinpS;.'
• ' VINIUS. '"•'
Vous détruirez toujours mes conseils par les vôtres ;
356 OTHOJÎ.
Le sejol ton de ma voix vous en< inspire d'autres;
Et tant que vous aurez ce rare et haut crédit.
Je n'aurai qu'à parler pour être contredit.
Pison, dont l'heureux choix est votre digne ouvrage.
Ne seroit que Pison s'il eut eu mon suffrage.
Vous n'avez soulevé Martian contre Othon
Que parce que ma bouche a proféré son nom;
Et verriez comme un autre une preuve assez claire
De combien notre avis est le plus salutaire >
Si vous n'aviez fait vœu d'être jusqu'au trépas
L'ennemi des conseils que vous ne donnez pas.
LACUS
Et YQV^y. J'ami d'Othon, c'est tout dire ; et peut-être Qui le vouloit pour gendre et; l'a choisi pour maître Ne fait encor des vœux qu'en faveur de ce choix, Pour l'avoir et pour maître et pour geûdre à la foU.
VINIUS.
J'étois l'ami d'Othon, et le tenois à gloire Jusqu'à l'indignité d'une action si noire, Que d'autres nommeront l'effet du dé^spoir Où l'a, malgré mes soins , plongé votre pouvoir* Je l'ai voulu pour gendite, et choisi pour J^mpire; A l'un ni l'autre choix vous n'avez pu souscrire. Par là de tout l'état Iç. bonheur s'agrandit,* Et vous voyez aussi comme il vous applaudit.
GALBA
Qu'un prince est malheureux quand die ceux qu'il écoule Le zèle cherche à prendre une diverse. routé. Et que l'attachement qu'ils ont au propre sens Pousse jusqu'à l'aigreur des conseils différents !'